Décryptage : faut-il dialoguer avec les Jihadistes ?

Les islamistes appelant au dialogue avec les détenus de la Salafiya Jihadia n’arrêtent pas de faire du tapage à chaque fois qu’ils en ont l’occasion. Pour eux, il est impératif pour l’Etat marocain d’engager un débat avec ces détenus pour les convaincre du non fondé de leur idéologie intégriste.
Ces appels au dialogue deviennent tellement récurrents qu’ils commencent vraiment à susciter des soupçons sur les motivations de leurs auteurs. Pourquoi s’obstinent-ils à revendiquer un tel
débat ?  Qu’est-ce qui pousse un fquih qui se dit non intégriste comme Ahmed Raïssouni à se porter volontaire pour servir d’intermédiaire entre l’Etat et des Jihadistes dont il est censé condamner l’idéologie ? Qu’est-ce qui motive un homme de droit comme l’avocat Me Mustapha Ramid à appeler au dialogue avec des gens condamnés pour leur appartenance à des bandes terroristes ? Le sujet mérite d’être analysé. Rappel : durant l’été 2002, les premières cellules de la Salafiya Jihadia sont démantelées et les services de sécurité marocains font état de l’existence de cellules terroristes adoptant une idéologie intégriste portant le nom de « Salafiya Jihadia ». La première réaction des islamistes « légalisés » a été de nier l’existence d’une telle nébuleuse et d’accuser les services de sécurité de l’avoir inventée. Le 16 mai 2003, des attentats sanglants sont perpétrés à Casablanca. Les islamistes font profil bas jusqu’à ce que la colère du peuple marocain baisse d’un cran et reviennent à la charge en accusant encore une fois les autorités d’avoir gonflé l’affaire afin qu’elle puisse leur servir d’alibi pour mater les mouvements islamistes. Pire, ils vont jusqu’à mener une campagne médiatique pour appeler au dialogue avec les Salafistes pour les convaincre, par le débat, de renoncer à leurs convictions intégristes et leurs pulsions sanguinaires. Une idée tellement ridicule qu’elle ne peut être expliquée que par la naïveté ou l’existence d’objectifs inavoués. Car, aller dire à un Jihadiste détenu que si, au bout d’un débat, il affirme avoir été convaincu et renonce à son idéologie terroriste, il quitte la prison, c’est oublier – stupidement – que le premier principe que l’on enseigne aux nouveaux adeptes dans les écoles du terrorisme intégriste est « attaquiya ». Un principe selon lequel, il faut simuler être du côté de l’Etat quand on est en position de faiblesse. Alors de grâce, cessons de tolérer ces appels stupides au dialogue avec les terroristes !

PS : L’histoire du docteur jordanien Khalil Abu-Mulal al-Balawi qui a pu faire croire à tout le monde – même les services de sécurité de son pays – qu’il avait abandonné ses idées extrémistes, avant de se faire exploser en tuant 7 officiers américains et jordaniens est très significative. A méditer !

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