Échos sanglants

Échos sanglants

L’espace sahélo-saharien est en train de se transformer en base arrière d’Al Qaïda. Tous les experts dans le domaine de la lutte antiterroriste à travers le monde, sonnent l’alarme quant au fait que cette région abrite le noyau d’une nouvelle forme de terrorisme islamiste. Un terrorisme inspiré de l’organisation créée par Oussama Ben Laden, mais adoptant un mode d’action et une stratégie différents de ceux que le fondateur d’Al Qaïda avait adoptés tout au long de son parcours macabre.
Née l’année dernière suite à l’annonce par le chef des combattants salafistes algériens de sa décision de faire acte d’allégeance à Ben Laden, l’Organisation d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) s’est érigée, ces derniers mois, comme l’unique groupe terroriste capable de prendre le relais et d’assurer la continuité de l’existence d’Al Qaïda dans le monde après la défaite de Ben Laden en Afghanistan et le démantèlement méthodique qu’a subi en Irak «Al Qaïda au Pays des deux fleuves». Pourtant, malgré le fait que tout le monde soit conscient du danger que constitue le développement de l’AQMI dans cette région, aucune stratégie de lutte conjointe contre ce phénomène n’a pu voir le jour. Pire : aucune instance de coordination et d’échange d’informations n’existe entre les pays du Maghreb et ceux du Sahel. Or, selon les experts, il n’est pas seulement urgent de créer une plate-forme d’échange d’information, mais ces pays sont censés créer une force d’intervention commune contre les groupuscules qui sillonnent la bande sahélo-saharienne et qui frappent du nord-ouest de la Mauritanie au nord du Tchad en passant par le sud de l’Algérie et le nord du Mali.
L’absence de coordination rend tous les efforts individuels inefficaces puisque cette organisation est constituée de groupuscules ayant l’avantage de la mobilité transfrontalière. Informer un autre pays que des combattants ont dû se replier suite à une opération militaire dans un pays quelconque devrait servir à alerter les autres pour qu’ils renforcent la présence de leurs forces dans les destinations probables des terroristes.
Malheureusement, tout cela n’est pas possible en l’absence de coopération de la part de l’Algérie. Ce pays refuse toujours, sans avancer une raison logique, toute coordination avec les pays de la région dans la lutte contre une organisation terroriste qui est pourtant née chez lui et qui continue à recruter essentiellement au sein de sa population. Une attitude étrange de la part d’un pays qui affiche sa volonté de mettre un terme à la terreur dont il souffre depuis près de deux décennies. C’est à se demander si ses dirigeants ne se seraient-ils pas acclimatés à l’ambiance sanglante dont la presse algérienne rapporte les échos chaque jour ?

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