Le rêve de Arafat et Rabin

Le 1er juillet 1994, l’ancien président palestinien, Yasser Arafat, avait été accueilli triomphalement sur la place du soldat inconnu de Gaza city par plus de 10.000 Palestiniens.
Ce jour là, le monde avait senti que les choses commençaient à changer dans cette région. Une lueur d’espoir surgissait enfin après plusieurs décennies de souffrance, de guerres, d’exils forcés et d’insécurité. Palestiniens et Israéliens avaient senti que la paix n’était pas une utopie et que les leaders qui y croyaient et qui œuvraient à ce qu’elle soit concrétisée ne se trompaient pas.
Rentré à Gaza, Yasser Arafat, l’homme qui avait combattu Israël toute sa vie, s’était engagé dans un nouveau combat: continuer le processus de négociation qui devait aboutir à la transformation de «l’Autorité palestinienne» en «Etat palestinien», et installer les bases d’un système démocratique et d’une économie saine et profitable au peuple palestinien. Un peuple qui traînait cinquante ans de souffrances et d’instabilité.
La priorité de Arafat était de doter les deux territoires palestiniens autonomes d’infrastructures de base, d’une structure administrative efficace et de tout un arsenal juridique. En deux mots : construire un Etat.
Au bout de quelques mois, les effets de la politique du leader palestinien et du soutien des chefs d’Etat arabes membres du camp de la paix, avaient commencé à se faire sentir : des ports aérien et maritime pour Gaza, des hôpitaux, des écoles et même une université multibranches pour les jeunes Palestiniens, etc.
Parallèlement à cela, les négociations qui devaient aboutir à la proclamation de l’Etat palestinien se poursuivaient dans la sérénité et dans la confiance dans un avenir de paix et de prospérité pour les peuples palestinien et israélien. Le rêve de Arafat, de Hassan II, du Roi Hussein, d’Ishak Rabin et de beaucoup d’autres leaders arabes et israéliens qui avaient eu le courage et la sagesse de soutenir «la paix des braves» allait vite buter sur un obstacle de taille : le refus des intégristes des deux côtés de laisser prospérer la paix.
Aujourd’hui, quinze ans après ce retour triomphal de Yasser Arafat à Gaza, on se rend compte de sa grandeur et de la médiocrité de ses adversaires.
Après avoir profité du système démocratique qu’il avait installé dans les territoires palestiniens autonomes pour arriver au pouvoir, ses adversaires ont fait un coup d’Etat à Gaza et déclaré la guerre à leurs frères des autres franges palestiniennes. Résultat: un territoire en ruines, une économie effondrée, une société disloquée, une population prise en otage, etc. En cet anniversaire, les intégristes tant palestiniens qu’israéliens devront peut-être méditer sur le rêve de Arafat et  Rabin qu’ils ont transformé en cauchemar. «Et rappelle; car le rappel profite aux croyants», Al-dhariate-56.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *