Potomac Institute : Les menaces d’Al Qaïda au Sahel

La non-résolution de la question du Sahara crée un environnement propice à la prolifération des activités terroristes d’Al Qaïda au  Maghreb islamique, avertit le centre international pour les études sur le terrorisme, qui relève du Potomac Institute, un think tank américain basé à Washington. «Le conflit du Sahara, qui dure depuis plus de trois décennies, crée une ouverture à la prolifération des activités d’Aqmi qui se trouve ainsi en mesure de recruter des radicaux dans les camps de Tindouf, en Algérie, compliquant davantage la viabilité d’une solution diplomatique à cette question», soutient ce centre international dans un rapport intitulé: «les conséquences du terrorisme: mise à jour des menaces d’Al Qaïda au Sahel et dans le Maghreb». Tout en mettant en garde contre l’«arc d’instabilité» que nourrissent Aqmi et la franchise d’Al Qaïda dans la péninsule arabique dans une zone géographique qui s’étend de la mer rouge jusqu’à l’Atlantique, le document révèle que les activités terroristes d’Aqmi dans le Maghreb et au Sahel ont connu une augmentation exponentielle de 558% depuis les attentats ayant pris pour cible les deux tours jumelles du World Trade Center, le 11 septembre 2001. L’année 2009 a connu un pic avec pas moins de 204 attaques terroristes, note le rapport, faisant observer qu’en dépit d’une régression à hauteur de 178 attentats en 2009, la menace d’Aqmi «se maintient à des hauteurs dangereusement élevées». Le Centre international pour les études sur le terrorisme précise en outre que sur la période allant de 2001 à 2010, la franchise d’Al Qaïda dans le Maghreb a été en mesure de mener 1.100 attentats à la bombe, meurtres, rapts et embuscades contre des cibles aussi bien locales qu’internationales, tuant 2.000 personnes et blessant 6.000 autres. Citant des sources de renseignement et les conclusions d’une mission d’enquête dans la région effectuée en janvier 2011, le rapport met en avant des «preuves de plus en plus accablantes» sur la conjonction d’intérêt entre l’Aqmi, des trafiquants locaux et des membres du Polisario en liaison avec le crime organisé et les cartels sud-américains dans le but d’écouler la drogue en Europe, via les vastes étendues incontrôlées du Sahel. Le document appelle, dans ce contexte, à intensifier la coopération et la coordination entre les pays de la région, notamment en matière d’échange de renseignements dans le but de sevrer les lignes de ravitaillement des groupes terroristes.

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