CGLU/ Maroc : La régionalisation avancée séduit

CGLU/ Maroc : La régionalisation avancée séduit

Le léger retard pris par la cérémonie d’ouverture du Congrès des cités et gouvernements locaux sur l’agenda officiel a été jugé de bon augure par ses organisateurs qui répètent à l’envi qu’il a fait salle aussi comble que celui de Mexico. Une foule de ministres, de parlementaires et d’élus locaux du côté marocain et, parmi les invités une présence aussi fournie de maires de villes prestigieuses, de gestionnaires, d’élus municipaux de premier plan et d’économistes nobélisés. L’assistance a été si remarquable que les organisateurs se félicitent déjà du succès de la rencontre. Et de fait, ils ne se cachent pas de ce qu’à leur avis ce  4ème Congrès mondial des cités et gouvernements locaux, dont les travaux ont officiellement débuté mercredi à Rabat, a fait mieux que ce qu’ils en espéraient. 

Quelques instants après la cérémonie d’ouverture, le maire de Rabat qui a tenu une conférence de presse conjointement avec son homologue Kadir Topbas, maire d’Istanbul et président de l’organisation, a déclaré que 3.700 délégués – dont 1.270 nationaux- participent aux travaux et qu’ils représentent 124 pays dont 34 africains.

Que qualitativement aussi, le congrès de Rabat a marqué un progrès par rapport à celui de Mexico et qu’outre celles de la France et de la Turquie – pays dont l’un avait occupé la présidence tandis que l’autre l’assume actuellement -, ce sont les délégations de l’Afrique du Sud et de la Chine qui sont les plus fournies. Cette nouvelle donne a du reste été qualifiée de porteuse d’espoirs «tant ces pays représentent les deux continents susceptibles d’abriter le mouvement d’urbanisation le plus accentué». Car, la force du mouvement municipal mondial et celle de l’organisation des cités et des gouvernements locaux qui lui est associée leur vient de ce que «l’avenir de l’humanité est dans les villes». 

Les augures l’affirment : si aujourd’hui la proportion est de 50/50, elle est en train de s’inverser au détriment de la campagne grande allure. D’où le thème du congrès «Imaginer la société, construire la démocratie». 

Ce thème, une lettre royale adressée au congrès et dont le maire de Rabat a donné lecture en début de cérémonie d’ouverture l’a résumé en posant «qu’il s’agit pour les gouvernements, les élus et les différentes parties prenantes d’identifier les voies et moyens, d’améliorer la qualité de vie des citoyens, de garantir leur accès aux services de base et d’accompagner la dynamique des mutations qui s’opèrent dans la région méditerranéenne, surtout en matière de bonne gouvernance».

Ce message a d’ailleurs si fortement marqué les esprits que Kadir Topbas, président du CGLU, l’a cité quatre fois dans sa conférence de presse et qu’il a laissé entendre que certains de ces passages pourraient inspirer l’action de cette organisation. 

Pour nombre de participants en effet, il apparaît clairement que, comme le prône le message de SM le Roi, promouvoir le développement économique, investir dans l’humain, renforcer la solidarité entre les collectivités, innover dans la gestion de la diversité et maîtriser l’urbanisme galopant sont au cœur de l’action  sociale et économique nouvelle de ce CGLU que certains n’hésitent pas à appeler «l’ONU des villes».

D’autant plus que la lettre dit: «Le Royaume du Maroc partage avec votre organisation tous les objectifs et les ambitions légitimes visant l’instauration de collectivités territoriales vivant dans la sécurité et la quiétude. Il tient à exprimer son soutien total à la stratégie adoptée par votre organisation pour conforter sa position en matière de gouvernance internationale, par le truchement des Nations Unies». Et pour mieux appuyer cette option, le message ajoute : «Il (le Maroc ndlr) appuie toutes les initiatives visant à promouvoir davantage les principes de décentralisation, et le développement de la démocratie locale, qui constituent une revendication légitime de tous les peuples».

  Car, ont affirmé ensemble les intervenants du premier jour, les collectivités locales : les villes, comme les communes rurales et comme les gouvernements locaux, sont des centres d’apprentissage de la démocratie et de la gestion des affaires publiques. Dans  les rangs de la délégation turque, on aime à répéter qu’avant d’être l’efficace chef de l’Exécutif qu’il est aujourd’hui, Recep Tayyip ErdoÄŸan a été maire d’Istanbul.

Ecole de la démocratie, la municipalité est également un opérateur économique d’avenir. «Il leur  appartient, aux côtés de l’Etat évidemment, d’attirer les investissements générateurs de richesses et d’opportunités d’emploi susceptibles d’assurer une vie meilleure aux citoyens, et de contribuer efficacement à transcender les problématiques économiques actuelles».

Cependant ce qui a le plus sollicité les esprits au cours de l’ouverture, c’est le passage de la lettre dédié à la constitutionnalisation de la régionalisation avancée. Car c’est précisément l’une des directions dans laquelle le CGLU veut avancer plus en avant à l’avenir. 

Pour le Maroc, il s’agit de la mise en place d’une organisation territoriale intégrée qui réalise un progrès dans la démocratie locale et qui favorise la montée des collectivités locales comme partenaire majeur de l’Etat et du secteur privé.

Au demeurant une organisation territoriale préfigurée par «l’initiative audacieuse qui accorde à nos provinces du Sud une autonomie permettant aux populations de la région de gérer démocratiquement leurs affaires locales dans le cadre de l’unité du Royaume et de sa pleine souveraineté sur ses territoires. C’est une autonomie qui tient compte de leurs spécificités sociales et économiques, ainsi que de leur culture authentique, laquelle représente un des affluents de la culture marocaine unifiée et plurielle». 

Plusieurs participants étrangers, dont des délégués de l’Afrique subsaharienne, ont avoué ne pas avoir saisi pleinement la philosophie du plan d’autonomie marocain qu’à la lecture de la lettre royale.  Ils se sont également dit comprendre enfin ce que certains organisateurs marocains du congrè entendent par «Maroc uni des régions».

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