Construire malgré les agressions

Lundi soir, au cours de leur réunion à Ramallah, les dirigeants palestiniens ont estimé à vingt le «nombre idéal» de membres du futur gouvernement proposé par Yasser Arafat. Sa formation est destinée à rationaliser le cabinet palestinien qui compte actuellement une trentaine de ministres, dont sept sans portefeuille.
La direction a aussi recommandé la tenue, en décembre, d’élections à la présidence et au Conseil législatif (Parlement) de l’Autorité palestinienne. Des déclarations qui interviennent à la suite de l’engagement pris, le 15 mai dernier par Yasser Arafat, concernant la refonte de l’Autorité. Les projets du président palestinien pourraient cependant être contrariés par l’actuel contexte de violence qui cantonne les territoires et la région entière dans une impasse draconienne. Colin Powell, secrétaire d’Etat américain, a lui même avoué mardi que les Etats-Unis n’avaient actuellement en main aucun plan de paix spécifique. Son adjoint pour le Proche-Orient, Williams Burns, attendu mardi soir dans la région, devrait être rejoint vendredi par le directeur des services de renseignements américain (CIA) George Tenet pour « continuer leur tâche » en faveur d’un règlement du conflit.
Le chef de la diplomatie allemande Joschka Ficher devait lui aussi arriver mardi soir pour une visite de trois jours. Des efforts diplomatiques qui interviennent alors que le ministre israélien de la Défense Ben Eliezer entendait présenter mardi un autre plan au premier ministre Ariel Sharon, celui d’une « séparation » entre la Cisjordanie et le territoire israélien prévoyant, dans un premier temps, la construction d’une clôture de 70 à 80 km de long.
Sur le terrain, l’Etat hébreu a continué les incursions dans les villes palestiniennes. Son armée s’est retirée en fin de matinée de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. La ville a été occupée durant quelques heures au cours desquelles un Palestinien a été tué et dix autres arrêtés, dont le chef local du Hamas, Khaled El-Had, selon des responsables des services de sécurité palestiniens.
Lors d’autres incursions « ciblées » hier mardi, huit autres Palestiniens ont été arrêtés : deux à Hébron, deux à Beit Jala (près de Beit Lahm), deux près de Kalkiliya, et deux dans un village au nord de Jérusalem. Ces opérations faisaient suite à l’attentat suicide survenu la veille à l’entrée d’un centre commercial de Petah Tikva, près de Tel-Aviv. Un kamikaze palestinien s’est alors fait exploser tuant deux personnes.
L’attentat revendiqué par les Brigades des Martyrs Al-Aqsa – qui voulaient «venger trois de leurs membres assassinés par l’armée israélienne dans le camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse, le 22 mai» – a aussi blessé une cinquantaine de personnes.
La direction palestinienne a aussitôt condamné cet «acte terroriste visant des civils», une «insulte» à la lutte des Palestiniens. Hier mardi, un tribunal de Jérusalem a par ailleurs inculpé trois colons israéliens de tentative d’assassinat et possession illégale d’armes et explosifs, dans le cadre d’un projet d’attentat à la bombe contre une école de filles du secteur arabe de la ville, en avril dernier.

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