Espagne : Us et coutumes démocratiques

Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, s’est réuni, hier lundi 11 juin, avec le leader de l’opposition, le président du Parti Populaire (PP), Mariano Rajoy.
Cette rencontre entre dans le cadre d’une tradition politique qui caractérise le système démocratique espagnol. Cet usage veut que, au mois de juin – c’est-à-dire à la fin de l’année législative – le président du gouvernement tient une réunion avec le chef de file de l’opposition pour se concerter sur les grands dossiers qui concernent la nation espagnole. Dans le même cadre, le président de l’exécutif tient aussi une réunion similaire, à la même période, avec le chef de l’Etat, le Roi Juan Carlos premier. Ces deux réunions ont pour objectif de préserver, toujours, une cohésion entre les différentes composantes de la société politique espagnole sur les grandes thématiques nationales et les affaires d’Etat.
La réunion d’hier, par exemple, a traité, entre autres, de l’affaire du communiqué de l’organisation terroriste basque ETA annonçant la fin de la trêve et la rupture officielle du processus de dialogue avec le gouvernement. Au terme de la réunion, le chef de l’opposition a déclaré à la presse qu’il compte soutenir le gouvernement dans la lutte contre le terrorisme. Cette déclaration montre comment, dans un système démocratique, l’intérêt de la nation prime sur les petits calculs politiciens. Il faut dire qu’en Espagne, plusieurs dossiers sont gérés dans le cadre d’un consensus qui se dégage de réunions systématiques entre le gouvernement et l’opposition. C’est le cas de la politique de l’immigration, de la lutte antiterroriste, des affaires de la Défense nationale, des relations avec l’Union européenne… 
Ce système est aussi appliqué dans la gestion des affaires locales notamment dans les autonomies. Les présidents des gouvernements autonomes sont reçus systématiquement par le chef du gouvernement central qui les informe sur les développements que connaissent les grands dossiers de l’Etat. Et ces dirigeants des gouvernements autonomes se réunissent à leur tour avec les dirigeants de leurs oppositions régionales respectives.
La politique est ainsi élevée à une mission plus noble que celle d’arriver au pouvoir, mais à celui de gérer les affaires de l’Etat tout en veillant à la préservation des intérêts suprêmes de la Nation. Dans un système pareil, l’erreur de l’autre quand il s’agit des grands dossiers, implique la responsabilité de tous. Car, elle met en péril l’avenir de tout un pays et les ambitions politiques individuelles sont immédiatement éclipsées par les aspirations de tout un peuple.

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