Irak : les USA sollicitent l’apport de la France

«Je pense qu’il est temps pour les dirigeants français d’aller au-delà de toutes ces discussions qui ont eu lieu en février et en mars. Il est temps pour eux de reconnaître que nous allons reconstruire l’Irak. Il y a un rôle à jouer pour la France et d’autres grands pays ici », a dit mardi M. Bremer, lors d’une entrevue accordée à quelques journalistes avant son départ pour la capitale espagnole. Trois pays influents et opposés à la guerre, l’Allemagne, la France et la Russie, ont indiqué qu’ils n’apporteraient pas de contribution à la conférence de Madrid. L’Italie et la Turquie ne devraient pas en faire non plus. Quoi qu’il en soit, M. Bremer a prédit un « succès » à Madrid. « Je pense que nous verrons un certain nombre de pays faire d’importantes contributions », a-t-il dit. Le total des annonces d’aide à l’Irak, avant les engagements formels attendus à la conférence de Madrid, est loin d’atteindre les 56 milliards de dollars que coûterait sa reconstruction en 2004-2007, selon les estimations cumulées. Le président américain George W. Bush pourrait opposer son veto à tout collectif budgétaire qui transformerait les dons américains à l’Irak en prêts, selon le texte d’une lettre de Joshua Bolten, directeur du département budget de la Maison Blanche, adressée à plusieurs parlementaires. Le Sénat et la Chambre des représentants ont adopté la semaine dernière un collectif budgétaire pour l’Irak variant entre 85 et 87 milliards de dollars, dans des textes différents. Les deux versions doivent maintenant être harmonisées avant que le texte soit soumis à l’approbation du président Bush. La version du Sénat contient un amendement qui vise à transformer en prêts environ 10 milliards de dollars de dons américains pour la reconstruction de l’Irak. La conférence de Madrid, à laquelle participeront notamment une centaine de délégués irakiens, devra créer un Fonds garanti des donateurs (Donors Trust Fund) qui sera géré par la Banque mondiale (BM) et l’Onu. Ces deux organismes ont évalué à 9,3 milliards de dollars les besoins de l’Irak pour la reconstruction en 2004, et à 26,5 milliards pour 2005-2007. Toutefois, la capacité d’absorption annuelle de l’Irak est actuellement évaluée à environ 5 milliards. Sur le terrain, six soldats américains ont été blessés mercredi dans deux attaques à l’explosif, à Bagdad et à Falloujah, tandis que des centaines d’Irakiens manifestaient pour réclamer la libération de trois femmes détenues par les forces américaines à Khaldiya. Un convoi américain composé de cinq véhicules blindés traversait la ville de Falloujah (50 km à l’ouest de Bagdad) lorsqu’un engin a explosé à son passage détruisant la jeep et la jetant sur le bas-côté de la route, ont indiqué Nouri Sabah, 32 ans, vendeur ambulant et Kamal Ali, 20 ans, étudiant. « Les quatre soldats qui se trouvaient dans la jeep ont été blessés et ont été immédiatement évacués par d’autres militaires », a ajouté M. Sabah. Plusieurs personnes se sont rassemblées autour du véhicule et ont scandé des slogans hostiles aux forces de la coalition. Aucune confirmation n’a pu être obtenue auprès de l’armée américaine. Celle-ci a simplement affirmé que « deux soldats de la 1ère division blindée (avaient) été blessés dans une attaque à l’engin explosif contre un convoi militaire à Bagdad vers 06h45 (03h45 GMT) », a déclaré un porte-parole militaire. D’autre part, à Khaldiya (30 km à l’ouest de Falloujah), quelques centaines de personnes ont manifesté mercredi matin pour réclamer la libération de trois femmes arrêtées par les forces américaines, a constaté un correspondant de l’AFP sur place. Les trois femmes ont été arrêtées il y a trois jours à la place de leurs époux accusés de participer à la résistance irakienne contre les Américains, a indiqué une source policière locale.

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