La chute d’un requin avéré

La chute d’un requin avéré

L’escroc, mondialement notoire, du nom de Hicham Mandari, fait tout à coup l’actualité. Pas celle qui lui a été confinée par les journaux algériens (Al Khabar) et espagnols (La Razon) qui en ont fait un opposant marocain sur la voie d’entrer en action contre le régime. Il vient d’être arrêté en vulgaire escroc qu’il est réellement. Le bâtonnier Mohamed Naciri, du barreau de Casablanca, et un de ses confrères du barreau de Paris, avocats d’un homme d’affaires marocain, ont déposé plainte mercredi à Paris contre le même Mandari pour extorsion de fonds. « Nous avons déposé plainte contre Hicham Mandari pour extorsion de fonds. Les autorités judiciaires françaises ont procédé, ce matin, suite à cette plainte, à l’interpellation dans un palace parisien de Hicham Mandari dans le cadre d’une procédure de flagrant délit», a délcaré jeudi M. Naciri joint au téléphone par la MAP. Jeudi 18 septembre à Paris la police française a procédé effectivement à l’interpellation de Hicham Mandari en flagrant délit dans une affaire d’extorsion de fonds à l’encontre d’un grand homme d’affaires marocain. Le 6 mai 2002, impliqué dans une vaste affaire de trafic de fausse monnaie, Hicham Mandari a été extradé des Etats-Unis vers la France. Interpellé en août 1999, puis écroué à Miami (Floride), Hicham Mandari était visé par un mandat d’arrêt international pour « transport, mise en circulation et détention de signes monétaires contrefaits ou falsifiés ». Dès son arrivée en France, la juge d’instruction en charge de ce dossier lui avait notifié les charges pesant contre lui pour l’écrouer par la suite à la prison de la Santé. La juge d’instruction Bismuth-Sauron l’avait mis en examen pour «transport, mise en circulation et détention de signes monétaires contrefaits ou falsifiés». L’enquête menée par la police judiciaire avait établi que le dénommé Mandari avait réussi à convertir, dans des établissements financiers parisiens, l’équivalent de 3 millions d’euros en faux dinars de Bahreïn. Les investigations, menées en France, mais aussi en Argentine, en Suisse, à Bahreïn, au Tchad, au Congo et en Mauritanie, mettaient au jour un gigantesque trafic portant sur 140 millions de dinars bahreïnis, soit plus que la masse monétaire de ce Royaume arabe. Bien avant, en juin 1998, l’affaire des faux dinars de Bahreïn est apparue au départ comme une simple escroquerie. Mais de fil en aiguille, l’affaire s’était avérée de grande ampleur. La mise en circulation brusque de milliers de billets de 20 dinars bahreïnis flambant neufs s’est révélée être une gigantesque affaire de « fausse vraie monnaie». Il ne s’agissait pas de quelques billets falsifiés. L’enjeu fut bien plus dimensionné. Des sommes colossales sont mises en circulation puisque la manne céleste a porté sur l’équivalent de 380 millions d’euros. En fait, Hicham Mandari est l’un des individus qui a été chargé d’écouler ces nouveaux billets de 20 dinars de Bahreïn, imprimés en Argentine. Après avoir ouvert leurs pages à Mandari pour adopter ses délires à propos d’une éventuelle «action musclée» contre le régime marocain, il va falloir que les journaux, espagnol et algérien, traitent de la façon dont le juge d’instruction devrait soutirer les aveux de l’escroc pris en flagrant délit. Devra-t-elle être musclée ? Les deux journalistes qui l’avaient interviewé le suivront sûrement à l’intérieur des geôles françaises pour un autre entretien, réel cette fois-ci.

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