Le Polisario refuse un don alimentaire marocain

Réda Taoujni, principal animateur de l’Association le Sahara Marocain (ASM), clame haut et fort son indignation. Il vient d’avoir une nouvelle preuve, affirme-t-il, de la mauvaise foi algérienne en ce qui concerne le sort des populations vivant dans les camps de Tindouf. Jeffrey Rowland, responsable des dons privés au service du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, l’informait en effet hier que le Croissant-Rouge sahraoui, responsable de la distribution des denrées alimentaires dans la région, venait de refuser les 20 tonnes de vivres collectées et offertes par l’ASM.
«Ça n’est pas la première fois que cela se produit, hélas, précise Reda Taoujni. L’année dernière déjà, le Polisario avait refusé une aide similaire.»
Pour le militant associatif, qui se base sur des informations de source diplomatique, force est de se tourner vers l’Algérie pour comprendre les raisons d’une telle attitude du Polisario, qui condamne ainsi les résidents des camps à des conditions de vie déplorables : «Notre association accuse formellement l’Algérie d’avoir fait pression sur les séparatistes du Polisario afin qu’ils refusent cette aide ainsi que n’importe quelle autre aide venant du Maroc.» Et M. Taoujni de se demander ce qu’attendent les instances internationales pour prendre acte de la réalité des choses sur le terrain: «Dans la mesure où de toute évidence, c’est l’Algérie qui instrumentalise le Polisario, c’est avec l’Algérie que le Maroc doit négocier le statut de ses provinces sahariennes. C’est ce que nous ne cessons d’affirmer, bien que la situation n’évolue pas dans ce sens-là…»
Dans un communiqué diffusé par l’ASM, il est donc réaffirmé tout d’abord le fait que «la situation humanitaire très alarmante dans les camps de Tindouf en Algérie et le danger de famine et d’épidémies qui guette les populations sur place est orchestré par le pouvoir algérien en vue de son exploitation à des fins politiques contre le Maroc.»
L’ASM lance donc un appel à la communauté internationale « afin d’intervenir d’urgence et faire pression sur l’Algérie dans le but de trouver une solution à ce conflit artificiel qui transforme en otages des milliers de citoyens marocains. »
Avec, à l’attention des responsables algériens, cette interpellation directe : «Comment une Algérie qui se trouve dans une situation économique très confortable, par la rente pétrolière qui se chiffre en dizaines de milliards de dollars, qui apporte un soutien militaire et diplomatique inconditionnel au Front Polisario, peut-elle laisser une population de quelques dizaines de personnes dans une situation humanitaire aussi critique ?»
Créée en 1995, l’Association le Sahara marocain poursuit ainsi son combat en faveur d’une approche particulière dans le traitement du problème posé par les provinces sahariennes. Par exemple, en contestant certains aspects du projet d’autonomie formulé par les autorités marocaines. Ce qui n’empêche pas ses militants d’annoncer de nouvelles actions dès le mois de janvier prochain, notamment un voyage à Tifariti.

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