Passages à niveau : L’ONCF pointé du doigt

Passages  à niveau : L’ONCF pointé du doigt

Le parquet a donné des instructions «fermes» à la BNPJ pour mener une enquêtre judiciaire, afin de déterminer les causes et les circonstances de l’accident ferroviaire de Tanger.

La problématique de la sécurité dans les passage à niveau a refait surface suite à l’accident dramatique près de Tanger. Le bilan très lourd de cet accident a suscité un vif émoi au sein du pays. Dans ce sens, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a ordonné la constitution d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur l’accident ferroviaire qui a causé la mort de 6 personnes et en a blessé 14 autres le samedi 17 février. Dans la foulée, le parquet a donné des instructions «fermes» à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) pour mener une enquêtre judiciaire, afin de déterminer les causes et les circonstances de l’accident ferroviaire de Tanger, y compris le degré de garantie des conditions de sécurité requises dans les passages à niveau. Il faut dire que ces passages connaissent régulièrement des accidents plutôt dangereux.

Quelques mois avant le tragique accident de Tanger, un train navette au départ de la gare de Casa-Port a déraillé au niveau de la commune rurale de Boufarouj près de la ville de Berrechid après avoir percuté un tracteur. L’Office national des chemins de fer (ONCF) avait précisé que le train en question «s’est vu obligé de s’arrêter d’urgence après avoir heurté un engin tracteur qui occupait imprudemment la voie au droit d’un passage à niveau». Face à ce genre de situation, un programme national de sécurisation de la traversée de la voie ferrée au droit des passages à niveau a été mis en place. Ce programme, pour lequel une enveloppe de 1,5 milliard DH a été mobilisée avec les partenaires concernés (ministère de l’équipement, du transport, communes, régions,…), a enregistré «un taux de réalisation important», selon les responsables. La même source annonce ainsi la suppression de 170 passages à niveau sur 180 prévus et leur remplacement par des ouvrages de franchissement ainsi que l’équipement de 205 PN non gardés sur les 260 prévus avec un système de fermeture automatique des barrières.

Il a également été procédé à la construction de plus de 960 km de clôture sur un linéaire de 1.200 km programmé en plus de la réalisation de 15 passerelles pour piétons sur 55 prévues, sachant que les travaux sont en cours pour les 40 restantes. «Le bilan effectué fait ressortir que ce programme a atteint les objectifs escomptés, comme il ressort des résultats enregistrés sur la période 2011-2016 avec une réduction de plus de 90% du nombre d’accidents au droit des passages à niveau ainsi qu’une réduction de plus de 90% du nombre de décès au droit des passages à niveau», apprend-on auprès de l’ONCF.

Malgré ces chiffres et résultats, les accidents tragiques au droit des passages provoquent souvent des dégâts humains et matériels importants. Comment expliquer la persistance de ce genre d’accident en dépit des réalisations effectuées pour la sécurisation des passages à niveau ? Les conclusions de l’enquête ouverte par le parquet seront très attendues pour comprendre les faits mais également et surtout établir, «avec la fermeté et la détermination requises, les effets juridiques à l’encontre de quiconque serait responsable», comme promis par le ministère public.

Campagne de sensibilisation

L’Office national des chemins de fer a fait de la sensibilisation pour faire face aux accidents au droit des passages à niveau.

L’Office avait annoncé au début de l’été dernier une campagne avec la diffusion de messages radiophoniques de sensibilisation et d’information en langue arabe sur les chaînes nationales et également en gares et à bord des trains.

Des actions de proximité menées par les volontaires du Croissant-Rouge marocain figuraient également parmi les mesures annoncées pour la sensibilisation des usagers de la route aux abords des passages à niveau et la distribution de dépliants (flyers) sur les règles à respecter et le bon comportement à adopter lors de la traversée des passages à niveau.

Malheureusement, des accidents dramatiques continuent à avoir lieu comme ce fut le cas samedi dernier près de Tanger sans oublier le déraillement d’un train près de Berrechid quelques mois auparavant après avoir percuté un tracteur.

Le parquet ouvre une enquête

L’accident ferroviaire dramatique près de Tanger prend une tournure judiciaire. En effet, le parquet a donné des instructions à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), pour mener une enquêtre judiciaire, afin de déterminer les causes et les circonstances de l’accident ferroviaire survenu samedi 17 février à Tanger, y compris le degré de garantie des conditions de sécurité requises dans les passages à niveau.

Un communiqué du procureur du Roi près du tribunal de première instance de Tanger a fait savoir qu’à la lumière des résultats de l’enquête, le parquet établira, avec la fermeté et la détermination requises, les effets juridiques à l’encontre de quiconque serait responsable de la mort ou des blessures des victimes ou de la négligence dans la garantie de la sécurité exigée par la loi dans ces cas.

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