Ramadan : problèmes pour les footballeurs

Ramadan : problèmes pour les footballeurs

Le Ramadan, commencé mercredi pour un mois, tombe cette année en plein mois d’août et n’est pas sans poser des problèmes aux clubs de football qui doivent déjà affronter de grosses chaleurs et qui, pour la plupart, sont encore en pleine phase de préparation. Pour les sportifs de haut niveau, l’islam permet néanmoins quelques aménagements de l’un de ses cinq piliers, et notamment le report. Plus que le manque d’alimentation, c’est surtout le manque d’absorption d’eau entre le lever et le coucher du soleil qui semble poser problème aux entraîneurs. «C’est vraiment pénible de jouer durant le mois de ramadan qui se déroule en plein mois d’août avec des températures qui dépassent les 35 degrés, déplore ainsi Amir Akrout, du Club Africain (Tunisie). Le joueur n’a pas assez de force pour être performant à 100%. C’est la raison pour laquelle je propose de reporter les matches après ramadan ou de nous faire jouer le soir après l’iftar» . En Europe, où les championnats ne sont pas équitablement concernés, le sujet semble toutefois trop épineux pour que les clubs se risquent à communiquer sur le sujet. Ceux-ci paraissent plus enclin à miser sur le bon sens de chacun plutôt que de laisser des consignes contraignantes. En Allemagne, les autorités islamiques, conduites par le Conseil central des musulmans (ZMD), sont ainsi venues au secours des clubs en autorisant les footballeurs à manger et boire pendant la période de jeûne et en leur proposant de l’effectuer à l’issue de la saison. A condition qu’ils soient professionnels. Le ZMD s’est basé sur une décision religieuse de la mosquée Al-Azhar du Caire et du Conseil européen pour la fatwa et la recherche. (…) En Espagne, un pays où la saison reprend en général un peu plus tard et où les matches se jouent plus en soirée, seuls onze joueurs, dont les Maliens Kanouté (Séville) et Diarra (Real Madrid), ont manifesté leur intention de faire le ramadan, selon le quotidien sportif Marca. Les Barcelonais Keita et Abidal, convertis tardivement, préfèrent attendre. Certains clubs, comme Valence, ont prévu de diminuer les doses d’entraînement des footballeurs musulmans qui subiraient des baisses de rendement physique, le Ramadan se déroulant alors que les joueurs finissent à peine d’emmagasiner des forces pour toute la saison lors de la phase de préparation. Chez les Britanniques, où évoluent de nombreux musulmans, les clubs ont choisi de laisser leur liberté aux joueurs qui, en majorité, préfèrent rattraper ensuite, à l’image d’Anelka à Chelsea ou de Bougherra aux Rangers. En raison de l’engagement nécessaire pour disputer des matches dont certains ont lieu en plein après-midi, les joueurs préfèrent ne pas mécontenter leurs employeurs. Mais c’est en France que le sujet semble plus sensible. «Samedi, c’est juste pendant notre match à Arles que le joueur a le droit de manger», regrette ainsi, gêné, l’entraîneur de Lens Jean-Guy Wallemme, pour qui la religion «ne doit pas se faire au détriment de l’équipe». Quand il était entraîneur des jeunes, il avait même invité un imam pour que celui-ci incite les apprentis-footballeurs à différer le Ramadan. En France, la religion peut toutefois exacerber les antagonismes historiques. L’an passé, certains joueurs «chrétiens» avaient relevé qu’ils ne suivaient pas le carême, eux.

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