Zoulikha Nasri, une icône humaniste tire sa révérence

Zoulikha Nasri, une icône humaniste tire  sa révérence

Une grande dame s’en va. Zoulikha Nasri est décédée mercredi suite à un AVC (accident vasculaire cérébral). Elle laisse derrière elle le souvenir d’une femme battante avec un parcours impressionnant. Mme Zoulikha Nasri était définitivement entrée dans l’histoire du Maroc en devenant la première femme du pays à devenir conseillère royale. En ces tristes circonstances, SM le Roi Mohammed VI a exprimé à la famille de la défunte ses vives condoléances et ses sincères sentiments de compassion.

Dans un message adressé à sa famille, le Souverain souligne que la disparition de feue Zoulikha Nasri est «une perte cruelle» non seulement pour sa famille, mais aussi pour sa patrie qui a perdu en elle une personnalité «exceptionnelle», un grand et fidèle commis de l’Etat, qui a voué sa vie au service de son pays, précisant que la défunte «s’y est employée avec dévouement et sincérité, déployant des efforts inlassables, avec ardeur, constance, sincérité et une abnégation rarement égalée, en faisant preuve d’une fidélité immuable au Glorieux Trône Alaouite».

Avant de devenir conseillère royale en mars 2000, la défunte avait été nommée en avril 1998 chargée de mission au Cabinet royal. Auparavant, elle était l’une des quatre femmes à entrer dans le gouvernement en 1997, occupant le poste de secrétaire d’Etat auprès du ministre des affaires sociales chargée de l’Entraide nationale. Mme Nasri est titulaire d’un doctorat d’Etat en droit privé. Native de la ville d’Oujda où elle a obtenu son baccalauréat, elle a poursuivi ses études supérieures à la Faculté de Rabat. Elle avait par la suite décroché un diplôme de l’Ecole nationale d’administration (option Finances et Economie). Un diplôme qui lui a permis d’être affectée au ministère des finances et plus précisément au service des assurances. Commence alors un nouveau parcours universitaire pour suivre une formation appropriée à sa fonction.

Une étape qui va la mener en France afin de préparer un diplôme d’études supérieures spécialisées en assurances à l’Institut des assurances de Lyon de l’Université Jean Moulin (France). C’est auprès de cette même université qu’elle obtint le titre de docteur d’Etat en droit privé. Sa thèse a porté sur le droit des assurances au Maroc et fut publiée aux éditions La porte en 1982.

C’est dans la direction des assurances qu’elle effectuera tout son parcours administratif. Elle a gravi les échelons jusqu’à devenir la directrice de ce département important au ministère des finances en 1994. Sa nomination par Feu SM Hassan II au secrétariat d’Etat chargée de l’Entraide nationale lui a ouvert la voie pour faire ses preuves dans un nouveau domaine : le social, jusqu’à devenir l’une des icônes de la politique sociale du pays ces 15 dernières années.  
Si Mme Zoulikha Nasri est connue pour avoir été la première femme à devenir conseillère royale, elle était également membre de la Fondation Mohammed V pour la solidarité, créée en 1999 et dont elle a pris les rênes.

En 2002, elle fut nommée à la tête de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus. Son combat dans la lutte contre la précarité et l’exclusion n’avait d’égal que son implication dans la promotion des droits des femmes. Elle a ainsi joué un rôle déterminant dans la réforme de la «Moudawana» qui a abouti en 2004 à l’adoption d’un nouveau code de la famille. A l’époque, Mme Nasri avait chapeauté les concertations avec les ONG ainsi qu’avec les juristes et les représentants des médias et autres, afin de recueillir leurs avis, observations et propositions concernant le projet de la Moudawana.

La défunte a été inhumée hier, mercredi, après la prière d’Al Asr au cimetière des Chouhada à Rabat. «Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons».

Témoignage de sa sœur

Elle était «un modèle de générosité qui a offert sa vie au service de la Patrie et sa disparition est une grande perte pour nous tous», a affirmé Nadia Nasri, sœur de la défunte, ajoutant qu’elle était pour la famille à la fois «une sœur, une mère affectueuse et un père», dont la disparition est une perte cruelle, assurant que feue Zoulikha Nasri était connue pour «sa modestie, sa courtoisie et son affabilité avec tout le monde, ce qui l’a rendue aimable de tous».

 

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