Brahim El mazned : «Le chanteur amazigh occupe pratiquement la moitié de la programmation de Timitar»

Brahim El mazned : «Le chanteur amazigh  occupe pratiquement la moitié de la programmation de Timitar»

Entretien avec Brahim Elmazned, Directeur artistique du Festival Timitar

Aujourd’hui c’est un festival qui figure dans l’agenda mondial des grandes manifestations, c’est un festival populaire et un événement qui est à la fois ancré dans son territoire régional et ouvert sur le monde.

ALM : Le Festival Timitar Signes et Cultures revient du 4 au 7 juillet pour une 15ème édition consécutive, quel est le secret de cette success story ?

Brahim El mazned : Le Festival Timitar a une particularité, c’est qu’il est très ancré dans son territoire régional, et en même temps c’est un festival ouvert sur le monde, c’est un rendez-vous où la communauté, le public du Souss, d’Agadir et bien évidemment tous les touristes profitent de la richesse et de la diversité amazighes de la région qui est très productive, et qui reste après Chaouia la région la plus dynamique sur le plan de la création, notamment dans le secteur de la musique, et en même temps c’est un rendez-vous ouvert sur le reste du territoire du Maroc et sur le monde. Des artistes de divers styles sont présents le temps d’un festival sur trois sites totalement différents: la grande place Al-Amal avec ses spécificités et ses grandes têtes d’affiche, notamment des figures de la nouvelle génération du rai, qui occupent aujourd’hui la scène médiatique et numérique, puis le théâtre de verdure avec une programmation exigeante, familiale, et de grande qualité, et la place Al Wahda avec une programmation de la musique actuelle, et une présence aussi des artistes de la diaspora marocaine, qui sont nos ambassadeurs et qui sont très présents avec nous cette année. Donc c’est une programmation exceptionnelle qui fait aussi que la fidélité du public se concrétise par l’engouement qu’on voit chaque soir, sur chaque site.

Comment Timitar compte-t-il fêter ses 15 ans d’existence ?

D’abord déjà par le fait de maintenir la ligne éditoriale qui n’a pas bougé, puis célébrer avec de grandes figures ce temps exceptionnel avec des artistes de renom comme Oudaden Inerzaf, Inner Cicrle qui fêtent leurs 50 ans de carrière et qui sont en tournée. Celle-ci a commencé par le Maroc, avec des artistes d’exception comme Emek Mathlouthi. Toute cette génération de raï, des artistes subsahariens qui sont toujours présents ici avec nous, avec des artistes comme Maremaa, Kel Assouf, le projet 3M né à Agadir et qui a fait le tour du monde, et qui arrive aujourd’hui avec un deuxième album et un succès exceptionnel avec plus de 400 concerts à travers le monde, et on est ravi de voir ce projet qui est né dans le cadre du Festival Timitar et produit par ce festival revenir une dizaine d’années après.

Combien d’albums ont été produits par Timitar ?

Chaque année, nous produisons un projet et un album. En tout cas une chose est sûre, quand on n’a pas produit deux, on en a produit un, chaque édition il y a un focus sur un artiste de la région, en plus de ce qui est produit en parallèle, comme c’était le cas avec Feu Amouri Mbarak, Izenzarne, Ali Faiq, et avec d’autres figures, nous faisons tout pour maintenir cette belle tradition pour pousser les artistes à donner le meilleur d’eux.

Quelle place occupe le chanteur amazigh dans cette édition ?

L’artiste amazigh a toujours une place particulière dans le cadre de Timitar, puisque chaque année il occupe pratiquement la moitié de la programmation, avec divers styles que cela soit du patrimoine avec les artistes Ahouach, Ahidous, Roukba, ou d’autres traditions, qui sont la fierté des Amazighs. D’ailleurs on est comblé par l’inscription de la danse Taskiwin parmi le patrimoine universel immatériel de l’Unesco, et aussi la présence d’un certain nombre de Rways chaque année, de grands noms, de jeunes talents, des jeunes Rwayssates qui sont le porte-flambeau de cette belle expression à la fois féminine et masculine, mais aussi Tagroupite avec des noms qui ont beaucoup de succès. C’est toujours un honneur pour le festival d’avoir autant d’artistes amazighs.

Comment Timitar fait-il découvrir l’universalité de la culture amazighe?

Ce festival a été salué par les professionnels et les médias à travers le monde. Aujourd’hui c’est un festival qui figure dans l’agenda mondial des grandes manifestations, c’est un festival populaire et un événement qui est à la fois ancré dans son territoire régional et ouvert sur le monde. Le festival a une dimension internationale, sa place a été maintenue depuis plus de dix ans et fait partie aujourd’hui des manifestations très attendues. D’ailleurs le nombre d’artistes qui souhaitent s’y produire chaque année prouve l’intérêt pour cette belle manifestation. L’engouement populaire le confirme également.

 

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