décembre 11, 2017

 

Abdelghni Lakhdar : «On ne peut être qu’optimiste quant à la mise en œuvre du Compact II»

Abdelghni Lakhdar : «On ne peut être qu’optimiste quant à la mise en œuvre du Compact II»

Entretien avec Abdelghni Lakhdar, directeur général de Millennium Challenge Account (MCA-Morocco)

Le Compact II tend à élaborer un nouveau modèle d’établissement intégré qui comprend à la fois la réhabilitation de l’infrastructure ainsi que le renforcement de la composante pédagogique pour les élèves.

ALM : Cela fait six mois que le Compact II a été lancé. Comment évaluez-vous l’élan de ce programme ?

Abdelghni Lakhdar : Je peux dire que le programme avance très bien. On ne peut qu’être optimiste quant à la continuité de sa mise en œuvre sur les cinq prochaines années. La mobilisation et l’engagement de toutes les parties prenantes pour réussir ce programme sont une importante chose à retenir. C’est dans cette perspective que nous avons décidé de créer une commission interministérielle dont la charte de fonctionnement a été adoptée lors de cette 3è session du conseil d’orientation stratégique de l’Agence du Millennium Challenge Account.

Justement quelles sont les missions assignées à cette commission ?

La commission sera chargée de faire le point régulièrement sur l’état d’avancement des projets du Compact II. Elle se penchera également sur les difficultés éventuelles que pourrait rencontrer le programme. C’est une approche très innovante dans la mesure où le suivi est une composante intrinsèque de l’ensemble du programme. En parallèle à l’adoption de la Charte, le conseil a également adopté le plan de suivi et d’évaluation de l’ensemble du programme portant sur des indicateurs précis qui vont être restitués de manière chiffrée chaque trois mois. Cet outil nous permettra d’évaluer l’impact de l’ensemble des activités.

En parlant de suivi, qu’est-ce qui a été, concrètement, réalisé sur le terrain ?

Comme vous le savez, le Compact est articulé autour de deux composantes principales en l’occurrence «l’éducation et la formation pour l’employabilité» ainsi que la «productivité du foncier». Tous les projets contiennent trois activités. Le premier volet comprend ainsi l’éducation secondaire, la formation professionnelle et l’emploi. Le deuxième s’axe, quant à lui, sur le foncier industriel, le foncier rural et la gouvernance du foncier. Ainsi, la composante de l’éducation et la formation pour l’employabilité a été couronnée par le lancement du Fonds Charaka. Nous avons reçu récemment une centaine de projets intéressants couvrant l’ensemble des régions et des secteurs.

La prochaine étape porte sur la sélection de 15 à 20 projets des 100 propositions reçues pour leur mise en œuvre dans le cadre du partenariat public-privé. Ce sont des projets qui illustrent la demande réelle du secteur privé qui sera impliqué dans toutes les phases de déploiement, à savoir la conception de la formation, la gestion et la gouvernance et l’accompagnement des stagiaires dans leur intégration du marché du travail. Par rapport au foncier industriel, nous sommes actuellement à la phase «mobilisation», notamment pour les sites pilotes de Sahel Lakhyeyta, de Had Soualem et de Bouznika. En ce qui concerne le foncier rural, nous nous penchons sur l’élaboration de nouvelles procédures visant à optimiser et simplifier les «Melkisation».

La lenteur de la procédure et sa complexité constituaient auparavant un obstacle de taille bloquant ainsi la procédure d’appropriation. Ainsi, toutes les parties travaillent ensemble, en l’occurrence le ministère de l’intérieur, le ministère de l’agriculture et l’Agence de la conservation foncière pour que ce nouveau process soit testé, incessamment, sur un périmètre irrigué de 46.000 hectares au Gharb avant d’étendre cette expérience pilote à l’ensemble des périmètres irrigués qui sont à ce jour de 300.000 hectares.

Vous avez également procédé à la ratification de trois conventions. Sur quoi portent ces contrats ?

En termes de formation, le Compact II tend à élaborer un nouveau modèle d’établissement intégré qui comprend à la fois la réhabilitation de l’infrastructure ainsi que le renforcement de la composante pédagogique pour les élèves. C’est dans ce sens que nous avons conclu un partenariat avec la société civile pour compléter l’offre de ce modèle que cela soit par le soutien scolaire, par l’introduction des technologies de l’information (IT) ou par des formations spécifiques pour renforcer les compétences des élèves dans les matières scientifiques. Citons dans ce sens l’adoption des «soft skills» qui rapprocheront davantage les élèves du marché du travail. Il est utile de souligner que ces formations sont adressées à la fois aux élèves et professeurs. Nous avons également conclu lors de cette troisième session un accord avec le ministère de l’industrie qui fixe les responsabilités conjointes en termes de mise en œuvre des activités relatives au foncier industriel tout au long de la période du programme. Nous avons également adopté un accord qui va à l’activité emploi entre notre agence, le ministère de tutelle et l’Anapec.

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