Finance climat: Le Maroc devrait mettre le turbo

Finance climat: Le Maroc devrait mettre le turbo

Le Maroc serait en retard pour bénéficier de la finance climat. C’est du moins ce que souligne le ministère chargé de l’environnement dans le premier rapport biennal actualisé du Maroc.

Ce document, inscrit dans la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, identifie le retard particulièrement au niveau du volet «adaptation». «Quand on analyse de plus près la situation du Maroc dans ce domaine, on s’aperçoit que des efforts importants sont fournis, avec des résultats intéressants, mais cela concerne de petits projets avec des financements limités demandés et attribués», relève-t-on du rapport dévoilé en marge d’un séminaire tenu mardi à Rabat autour des réalités et perspectives de la politique du changement climatique.

En termes de financement, un comparatif a été établi mettant ainsi le Maroc face à trois pays de la région. Il s’agit, en effet, de l’Égypte, de la Jordanie et du Sénégal. «Riches de leurs premières expériences avec le Fonds de l’adaptation, ces pays pourraient être favorisés au niveau de l’accès au Fonds Vert car les procédures seront assez proches», peut-on lire dans le rapport.

A ce jour, le financement global obtenu par le Royaume s’élève à 813,95 millions de dollars. 90,16% de ce montant sont sous forme de prêts concessionnels au moment où la part des dons ne dépasse pas les 9,84%. Sur les 21 projets approuvés pour le Maroc, 13 s’inscrivent dans le cadre de l’atténuation, totalisant une valeur de 769,93 millions de dollars, soit une part de 94,6 % du financement global. Au niveau de l’adaptation, seuls 7 projets sont identifiés représentant une part de 5,06 % (41,22 millions de dollars). En parallèle, un projet mixte (adaptation et atténuation) a été approuvé pour une valeur de 2,8 millions de dollars.

«Ceci s’explique par le retard qu’a pris de façon générale le financement de l’adaptation par rapport à celui de l’atténuation. Il s’explique aussi par la difficulté que les parties prenantes ont eu à présenter des propositions de projets d’adaptation conformes aux besoins et à la demande des bailleurs de fonds» , lit-on dans le rapport biennal. Le document met également en relief le besoin en financement. Sur le plan des projets d’atténuation, le manque en financement sur la période 2012-2030 est de plus de 56,7 milliards de dollars.

Dans ce sens, la production d’énergie à partir d’énergie renouvelable et de gaz naturel représente 58% de cette enveloppe, soit un besoin avoisinant les 33,13 milliards de dollars. La seconde position revient à l’efficacité énergétique dans le secteur du transport. Nécessitant un financement de 12,61 milliards de dollars, cette composante représente une part de 22% du besoin en financement.

La répartition sectorielle des besoins en financement des mesures d’atténuation fait ressortir également un manque de 3,27 milliards de dollars en termes d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique et de 1,41 milliard de dollars en termes de «demande énergie» des ménages et secteur tertiaire. Le besoin de la «demande énergie» dans l’industrie s’élève à 904 millions de dollars contre 289 millions de dollars pour celle de l’agriculture.
Par ailleurs , les besoins en financement des mesures de renforcement des capacités préconisées dans le cadre de la troisième communication nationale sont estimés à 111,7 millions de dollars.

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