octobre 23, 2018

 

Abdelmajid Bergach : La finance participative a boosté le marché immobilier

Abdelmajid Bergach : La finance participative a boosté le marché immobilier

Entretien avec Abdelmajid Bergach, notaire

La finance participative répond parfaitement aux attentes et aux besoins d’une nouvelle catégorie d’acquéreurs ayant trouvé de l’intérêt à aller vers ce modede financement pour sa conformité avec les préceptes religieux. Il me paraît que le plus urgent aujourd’hui c’est Takaful. L’avènement de cette assurance mettra en confiance tout le marché.

ALM : La finance participative a évolué à un rythme plus rapide que prévu. En tant que professionnel associé à cette sphère, comment évaluez-vous le démarrage de cette activité ?

Abdelmajid Bergach : La finance participative est un acteur ayant relativement boosté le marché immobilier qui connaît depuis des années une situation atone. En gros, cette activité répond parfaitement aux attentes et aux besoins d’une nouvelle catégorie d’acquéreurs ayant trouvé de l’intérêt à aller vers la finance participative pour sa conformité avec les préceptes religieux. L’intérêt des clients émane également du fait que les médiateurs de la banque participative, en cas de problème de remboursement, sauraont mieux gérer ce dossier en cherchant des solutions à l’amiable.

Comment arrivez-vous à gérer la complexité des produits participatifs? Le dossier est-il plus compliqué lorsqu’il s’agit d’un financement participatif ou plutôt le contraire ?

Il est vrai que plusieurs questions se posaient pour nous puisque les process ne sont pas les mêmes.

Pour un crédit classique et dans le cas d’une VEFA, par exemple, nous démarrons toujours par une promesse de vente ou un contrat de réservation engageant ainsi les deux parties dans cette opération-là. Or, il nous a fallu trouver une solution pour les transactions émanant de la banque participative. Chose qu’on a réussi à faire puisque nous demandons aujourd’hui aux promoteurs de restituer des avances perçues à travers le contrat de réservation et faire carrément le chèque au client qui le met lui-même sur le compte.

Les promoteurs répondent-ils à cette démarche ?

Je dirais difficilement. Nous avons eu de grosses réunions avec certains promoteurs qui ont finalement compris l’intérêt de la chose et ont accepté de restituer. Parmi les nouveautés auxquelles nous avons été confrontés, je citerai la promesse unilatérale d’achat qui est nouvelle dans la pratique notariale. D’ailleurs elle est faite au niveau des agences bancaires.

Selon vous quelles sont les mesures urgentes à prendre en termes de réglementation pour faire évoluer les choses ?

Je vois effectivement beaucoup d’attentes et beaucoup de besoins à satisfaire. Il me paraît que le plus urgent aujourd’hui c’est Takaful. L’avènement de cette assurance mettra en confiance tout le marché.

Etant un expert de l’immobilier je pense que le marché manque de visibilité et de confiance, notamment en ce qui concerne la VEFA. Si l’on veut relancer le marché il y a un travail à faire en termes de méthodologie et également en termes de culture. Il faut regarder le client comme étant quelqu’un qui mérite que l’on sécurise. Par rapport à la VEFA il y a un produit participatif très important à homologuer, à savoir le «Salam».  C’est-à-dire que la banque remettra de l’argent à son client qui, lui, va acheter un bien ne lui appartenant pas mais qui va être construit et livré à terme. Si nous arrivons à investir dans ce compartiment je crois que les besoins sont extraordinaires. Cela pourrait même donner lieu à un grand essor à l’activité des banques.

Y a-t-il un moyen pour immuniser le client contre les risques en absence de Takaful ?

S’il s’agit de montants modestes tels que 200 à 300 mille dirhams, les héritiers trouveront toujours les moyens de payer une traite. C’est quand il s’agit de financements importants qu’il faut engager une réflexion sérieuse. Personnellement et dans l’attente de Takaful, je dirige mes clients vers des compagnies d’assurance pour prendre des assurances prévoyance même à fonds perdu et leur demande de choisir leur banque pour faire des dérogations. Là au moins si le mal arrive, les enfants ne vont pas être exposés au risque. Quand bien même la banque va être très  compréhensive, il vaut mieux payer 20.000 dirhams par an et avoir une assurance plutôt que  de courir ce risque.

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