Leasing : Un marché interafricain se profile à l’horizon

Leasing : Un marché interafricain se profile à l’horizon

Une fédération africaine dédiée voit le jour

Toute l’intelligence africaine du leasing s’est réunie hier et pendant deux jours à Casablanca lors des premières Assises africaines du leasing. Un évènement organisé par l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) en partenariat avec la Société financière internationale (SFI) dont les objectifs sont de poser les jalons d’un premier marché interafricain du leasing et la création de la Fédération africaine de leasing. Lors de cet événement, Abdellah Benhamida, président de l’ASFP, a précisé que l’actuel enjeu est de renforcer le développement du crédit-bail en Afrique et par là améliorer l’accès au financement des PME de tout un continent. Et de poursuivre : «Dans un continent comme le nôtre avec 1,2 milliard d’âmes, constituées pour la plupart des jeunes en quête d’emploi, n’y a-t-il pas matière pour le leasing d’accompagner les auto-entrepreneurs ?».

Le président de l’ASFP indique que «dans le cadre d’un environnement économique disparate ces Assises permettront de débattre des préalables et des initiatives pour poser les jalons d’un premier marché africain de leasing». Il ajoute : «Nous discuterons à cet égard au vu de l’éventail de disciplines auxquelles fait appel le crédit-bail en matière de loi de Finances, de fiscalité et de comptabilité ainsi que des possibilités et des modalités de convergence des règles et des procédures appliquées à ce métier». Abdellah Benhamida n’a pas manqué de souligner les difficultés auxquelles le secteur fait face et notamment en termes d’harmonisation du cadre juridique entre les pays africains.

Ainsi il a souligné qu’au «sein d’un même pays, à savoir le Maroc, l’ambiguïté sur le statut des sociétés de leasing a longtemps prévalu et on n’a pas toujours su ou voulu savoir si elles étaient des entreprises de location ou des entreprises de financement». Et de préciser que «la société de leasing a été considérée  tantôt comme bailleur de fonds, tantôt bailleur de biens». Cette question a, semble-t-il, été résolue avec la loi bancaire de 1993 qui définit pour la première fois dans le droit marocain le crédit-bail et qualifie les sociétés de leasing de société de financement en les érigeant en établissement de crédit. Le président de l’APSF s’est ainsi interrogé sur la possibilité de lever l’ambigüité sur la question au niveau du continent. Et pour cause, «les législations ne s’inspirent pas du même droit.

Les unes privilégient le modèle français qui prône la preéminence de la continuité juridique des biens tenus en leasing et l’autre le modèle anglo-saxon qui accorde la primauté à la réalité économique», précise-t-il. L’échange instauré avec les pays du continent trouve ainsi son sens. Le président de l’APSF, a fait part de l’opportunité d’une telle rencontre et de l’importance du partage d’expertise dans le domaine. Selon lui, «le leasing a toujours été pratiqué de manière informelle sous forme de location de matériel et d’outils servant dans l’agriculture, le bâtiment, ou encore la restauration». Le président de l’APSF a également témoigné de l’expérience du Maroc avérée et reconnue dans la mesure où l’apparition du leasing sous sa forme moderne s’est faite depuis 1965. Ce partage d’expérience avec certains pays du continent s’est notamment concrétisé dans le cadre des relations bilatérales ou encore dans le cadre des missions d’information et d’échanges d’expériences organisées. Il a ainsi insisté sur la nécessité de perpétuer et développer ce partage à travers notamment ces premières Assises africaines de leasing. Pour sa part, Abderrahim Bouazza, directeur général de Bank Al Maghrib, le crédit-bail est un instrument encore trop peu utilisé bien qu’il soit un mode de financement adapté pour les PME qui sont souvent confrontées à des problèmes d’accès aux crédits bancaires. Il a insisté sur le fait que le secteur du crédit-bail au Maroc s’est consolidé au cours des quatre dernières décennies. Par ailleurs, le leasing ne s’est pas encore imposé comme un outil de financement privilégié pour les entrepreneurs.

Questions à Abdellah Benhamida, président de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF)

Quelle est la finalité de ces Assises sur le leasing ?

Abdellah Benhamida : Nous organisons pendant deux jours les Assises africaines de leasing qui ont un double objectif. D’abord il s’agit pour nous de communiquer entre opérateurs et experts opérant dans le continent africain. Ensuite, couronner ces assises par l’assemblée constitutive de la Fédération africaine du leasing. Cette fédération vise à regrouper l’ensemble des associations nationales et régionales qui pratiquent le leasing en vue de développer l’industrie du leasing aux niveau régional et continental. Elle a pour objectif également d’harmoniser les législations et les réglementations en matière de leasing en Afrique.

Justement par quels moyens envisagez-vous de développer le leasing en Afrique ?

C’est très complexe dans la mesure où il s’agit de cultures différentes, qui ont des législations de sources différentes, à savoir latines, ou encore anglo-saxonnes. Mais je pense que nous pourrions y arriver en créant plus d’échanges à travers justement des conférences et des discussions telles que ces Assises. Le Maroc peut jouer un rôle à travers l’Apsf et à travers la fédération africaine de leasing.

Quels sont les obstacles à la réalisation de vos objectifs sur le continent ?

Les obstacles il y en a toujours. Toutefois, et malgré les différences de cultures, le continent africain est en plein éveil, il attend beaucoup du crédit-bail, il attend beaucoup du leasing pour promouvoir son développement économique et social. Il y a 1,2 milliard d’âmes qui attendent qu’on leur prête main forte et le leasing est vraiment le mode de financement aujourd’hui qui permet de créer du développement, aussi bien pour la toute petite entreprise que pour la grande entreprise. Il y a énormément à faire dans ce domaine.

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