Concours Grandes Ecoles : Mister Prépa, un média pour aider les étudiants du monde entier

Concours Grandes Ecoles : Mister Prépa, un média pour aider les étudiants du monde entier

Entretien avec Benjamin Hautin, fondateur de Mister Prépa

C’est Benjamin Hautin aujourd’hui admis au master de l’EmLyon qui en est l’instigateur. Lui-même ayant été confronté au stress des prépas et du financement aussi, il a pensé à prêter main forte aux étudiants à travers son média. Très vite, le concept a conquis les Grandes Ecoles d’une part et les étudiants d’autre part. Il y a quelques jours, il accompagnait les responsables de GEM (Grande Ecole de Grenoble) venus célébrer leurs 20 ans de partenariat avec l’ESCA Grande Ecole de Management. Il nous livre le concept qui devrait aider aussi les étudiants marocains qui s’engagent dans cette voie.   

ALM : Parlez-nous déjà de Mister Prépa en tant que concept et de son évolution…

Benjamin Hautin : Quand j’ai lancé Mister Prépa à la fin de l’année 2017, il s’agissait simplement de lancer un mouvement pour aider un maximum d’étudiants en économie et en philosophie, deux matières que je maîtrisais bien en classes préparatoires. L’audience a très vite grossi. Les mois suivants, j’ai été approché par plusieurs Grandes Ecoles qui me proposaient de développer un volet journalistique, en plus de la partie académique.

Aujourd’hui, Mister Prépa est un réel collectif d’étudiants de Grandes Ecoles, en pleine expansion. J’ai vite compris que pour pérenniser, il fallait professionnaliser. Le média est, aujourd’hui, implanté sur plusieurs plates-formes et aide un grand nombre d’étudiants en classe prépas, et ce, gratuitement. D’ailleurs, nous venons de lancer le même concept pour les classes prépas et écoles d’ingénieurs: Mister Prépa X, animé par une équipe d’étudiants de Polytechnique, ENS Ulm, Arts & Métiers, Centrale et VetAgro Sup !

Quels sont les types d’aide que vous proposez aux étudiants en prépa ?

Nous les accompagnons de la fin de leur terminale à leur intégration en Grande Ecole, 2 ans plus tard. Concrètement, notre équipe d’intervenants réguliers (ndlr : issus d’HEC, ESCP Europe, Emlyon, Audencia, GEM) anime au quotidien un compte Snapchat sur lequel nous abordons des points de cours et d’organisation en prépas.

Une grosse partie du travail réside aussi dans la réponse aux questions en privé, que nous recevons chaque jour.

Nous facilitons aussi la fin des prépas. Il y a quelques jours, nous proposions une mise en relation entre des étudiants qui quittent leur logement dans une ville et d’autres qui intègrent une école dans cette même ville pour faciliter la recherche d’un toit. Enfin, nous proposons aux étudiants de découvrir les Grandes Ecoles, de l’intérieur à travers des articles, des vidéos et des reportages.

Comment les Grandes Ecoles ont-elles accueilli votre initiative ?

Il me semble que les écoles ont été plutôt enthousiastes à l’idée de voir un nouveau média intégrer cet écosystème. Nous avons l’avantage d’être encore en cours de cursus Grandes Ecoles! Nous savons comment parler avec des étudiants car nous étions à leur place il y a quelques années à peine !

Vous avez été récemment convié au Maroc par une grande école de la place. Quels bénéfices avez-vous tirés de votre rencontre ?

En effet, une partie de l’équipe s’est rendue à Casablanca pour quelques jours à la mi-juillet pour fêter les 20 ans du partenariat entre Grenoble EM et l’ESCA Ecole de Management. J’ai personnellement beaucoup apprécié ce séjour car j’ai pu découvrir concrètement l’intérêt de s’allier à une école basée sur un autre continent. J’ai bien échangé avec le président de l’ESCA, Thami Ghorfi. J’en retiens qu’un tel partenariat offre la possibilité aux étudiants grenoblois de mettre un premier pied sur le territoire africain, profiter du dynamisme marocain et éventuellement aller s’immiscer toujours plus loin dans des pays du Moyen Orient, par exemple. Moi-même étudiant l’arabe littéraire, j’en ai forcément trouvé un certain écho. Nous avons aussi passé un après-midi à Casablanca avec quelques étudiants marocains qui suivent Mister Prépa.

Vous êtes en parallèle étudiant à EmLyon, quel lien avec votre projet ?

Il n’y a pas de lien direct entre EmLyon et Mister Prépa dans le sens où le projet a été lancé bien avant que je sois admis dans l’école. Nous sommes totalement indépendants. En revanche, l’EmLyon peut éventuellement nous ouvrir les portes de l’incubateur, dès la rentrée et nous assurer un suivi plus poussé. Comme dit précédemment nous sommes certainement le média du supérieur qui a dû s’adapter le plus rapidement. Nous avons commencé à collaborer avec les écoles, à peine trois mois après l’obtention du numéro SIREN. Il est donc important de s’entourer de personnes d’expérience, tant dans le domaine du journalisme que dans le business. Mais surtout, l’école est un vivier d’étudiants plein d’énergie et de bonne volonté pour aider dans les prépas. Nous les recrutons donc avec plaisir lorsqu’ils partagent notre vision.

Le financement des études représente souvent un frein à ce type d’études. Est-ce que Mister Prépa aborde aussi ce sujet ?

Je connaîs très bien le problème étant donné que j’y ai été moi-même confronté. J’ai toujours refusé de prendre un crédit pour financer mes études, ce qui m’a poussé à travailler pour les financer et à monter ma propre boîte qui, aujourd’hui, est en mesure de financer ma scolarité, sous forme de dividendes !

Ce même problème, j’en entends parler quasiment au quotidien. Tout récemment encore des étudiants nous ont contactés car ils n’avaient pas de garant pour obtenir un prêt, ce qui préoccupe beaucoup. Il y a quelques jours encore, je discutais avec le président de la BNP, Jean Lemierre, lors des Universités de l’engagement. Ces crédits-étudiants ne seraient-ils pas des cadeaux empoisonnés pour des étudiants qui rêveraient en fait de monter leur propre boîte en école et de changer le monde?  Aucune réponse concrète. Donc oui : un des objectifs clairement affiché de la structure est de s’allier à d’autres start-up de la Fintech et de proposer à un maximum d’étudiants des solutions de financement, et là, il y a un réel chantier.

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