Lutte contre le chômage en Afrique: Benkirane dévoile sa stratégie de guerre

Lutte contre le chômage en Afrique: Benkirane dévoile  sa stratégie  de guerre

Les employeurs africains sont en conclave au Maroc. Casablanca accueille les 14 et 15 décembre le Sommet des partenaires sociaux pour l’emploi en Afrique. L’événement a pour objectif de revoir les paradigmes liés à l’emploi dans un continent où la moitié de la population a moins de 25 ans.

Intervenant à cette occasion, le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, a souligné que la question de l’emploi des jeunes sur le plan africain requiert l’élaboration d’une nouvelle approche, ajoutant que l’examen de la problématique de l’emploi au niveau du continent africain nécessite l’élaboration d’une approche basée sur le dialogue et de nouvelles solutions. Le sommet a permis de dresser un état des lieux choc en raison notamment de la prolifération du radicalisme. La situation est d’autant plus compliquée que la question du chômage revêt aujourd’hui une dimension inquiétante qui menace l’ordre international. M. Benkirane a appelé, dans ce sens, à changer les approches en vue de préserver cette jeunesse qui loin du terrorisme sombre dans les tentacules de la délinquance et de l’immigration clandestine.

«Malheureusement au lieu de créer de l’emploi nous élargissons nos prisons et nous perdons de jour en jour nos enfants au large des côtes. Et pour cause : nous n’avons toujours pas trouvé de solutions adéquates aux attentes de nos jeunes», affirme le chef de gouvernement. La vision de Benkirane en matière de lutte contre le chômage repose avant tout sur une concertation commune entre toutes les parties prenantes, à savoir employeurs, syndicalistes et gouvernement. «Nous devons sortir de la confrontation vers la coopération.

Nous devons également faire de la sécurité une affaire de société», énumère Abdelilah Benkirane qui a réitéré l’ambition du gouvernement de soutenir financièrement les jeunes porteurs de projets encourageant ainsi l’auto-entrepreneuriat.  

Le changement de paradigme a été également évoqué en tant qu’urgence par Jamal Belahrach, présent au sommet sous ses différentes casquettes sociales et entrepreneuriales (président de la Task Force OIE, administrateur au Bureau international du travail «BIT», vice-président de Business Africa et la CGEM).

«Un nouveau paradigme s’impose à nous aujourd’hui. Il nous faut un dialogue social responsable et performant où les enjeux sont partagés», a-t-il souligné. Et de préciser que «l’emploi ne se crée pas par décret mais par les entreprises qui ont besoin de croissance et pour cela, elles doivent être compétitives et plus productives».

Ce paradigme tel qu’il est pensé par M. Belahrach nécessite une concertation sur le respect des normes de travail, le développement de la «flexicurité» avec la sécurité des salariés et de la protection sociale. Du côté du patronat marocain, Miriem Bensalah-Chaqroun associe la promotion de l’emploi en Afrique à une «véritable révolution». Cette dernière devrait être basée sur une gestion globale des risques dans laquelle chaque acteur doit être socialement responsable.

Rappelons que le Sommet des partenaires sociaux pour l’emploi en Afrique, organisé par la CGEM en collaboration avec l’OIE, Business Africa et le BIT, connaîtra l’élaboration d’un livre blanc sur l’emploi en Afrique. Cette feuille de route définira le cadre de travail de référence que chaque organisation pourra adapter en fonction de ses enjeux nationaux.

Aperçu sur la situation de l’emploi au Maroc au 3ème trimestre 2015

Selon les dernières statistiques du Haut-Commissariat au Plan, le taux de chômage est passé au troisième trimestre 2015 à 10,1 % contre 9,6 % à la même période de l’année précédente. En milieu urbain, ce taux a atteint les 15,1% contre 14,5% une année auparavant. Le chômage en milieu rural a ainsi grimpé en une année de 4,1 à 4,3%. Celui-ci reste prépondérant chez les femmes. Il a atteint au troisième trimestre 2015 un taux de 11,1% contre 10,6% au même trimestre 2014. Parmi les hommes, il est passé de 9,2 à 9,6%.

Dans ce contexte, le chômage s’est accru de 66.000 personnes, 52.000 en milieu urbain et 14.000 en milieu rural, portant le volume global à 1.206.000 personnes au niveau national, ce qui correspond à un accroissement de 5,8% par rapport à l’année dernière. De son côté, le taux de sous-emploi s’est accru de 0,7 point, passant de 10,6 à 11,3% au niveau national. Il est passé de 9,6 % à 10,2% en milieu urbain et de 11,6 à 12,3% en milieu rural.

Le Haut-Commissariat au Plan a par ailleurs affirmé que l’économie marocaine a créé 41.000 postes d’emploi au troisième trimestre 2015 dont 24.000 en milieu urbain et 17.000 en milieu rural. Les nouvelles créations d’emploi sont, cependant, en deçà de la demande additionnelle d’emploi estimée à 107.000 personnes au niveau national.

 

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