octobre 16, 2017

Le Québec ouvre le dialogue sur le racisme systémique

Le Québec ouvre le dialogue  sur le racisme systémique

Une vaste consultaion vient d’être lancée

Le taux de chômage élevé de 16,7% recensé dans la communauté arabe du Québec, un des plus importants dans la province et deux fois plus élevé que le taux de chômage moyen enregistré dans la localité, indique qu’il y aurait bien plus qu’un problème de formation à l’origine de cette situation.

Un chercheur d’emploi de Montréal a 60% plus de chances d’être convié à un entretien d’embauche s’il s’appelle Etienne, Mathieux, Maryse, Tremblay ou tout autre patronyme franco-québécois. C’est ce que révèle une étude de la Commission québécoise des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Difficile à dire, mais il est vrai que nombreux sont les immigrants qui ont, à leurs dépens, découvert ce phénomène en arrivant au Québec.

Le taux de chômage élevé de 16,7% recensé dans la communauté arabe du Québec, un des plus importants dans la province et deux fois plus élevé que le taux de chômage moyen enregistré dans la localité, indique qu’il y aurait bien plus qu’un problème de formation à l’origine de cette situation. Ceci surtout que selon le dernier recensement canadien, 10,5% des diplômés d’origine arabe sont au chômage, alors que le taux de chômage d’universitaires québécois de souche ne dépasse pas 3%. Les employeurs québécois ne recherchent-ils que des profils qui leur ressemblent? Ces données soulèvent en tous les cas nombre d’interrogations, mais aussi beaucoup d’inquiétudes, dans un contexte marqué par de plus en plus de gestes de haine à l’encontre de groupes perçus comme impopulaires. A cette situation, qui est l’expression d’un malaise, le gouvernement québécois réagit aujourd’hui en ouvrant le dialogue sur le racisme systémique.

Un phénomène que le Barreau du Québec définit comme étant «la production sociale d’une inégalité fondée sur la race dans les décisions dont les gens font l’objet et les traitements qui leur sont dispensés». Pour l’heure, une vaste consultation sur le phénomène vient d’être lancée ces tout derniers jours. La ministre québécoise de l’immigration, Kathleen Weil, a souligné à ce sujet lors d’une conférence de presse que la lutte contre la discrimination et le racisme est une priorité pour son gouvernement. Et n’en déplaise au Parti Québécois ainsi qu’à la formation politique Coalition avenir Québec qui tentent de faire pression sur le gouvernement pour abandonner cette opération, la consultation est maintenue. Elle devrait coûter 900.000 dollars canadiens aux contribuables, est-il indiqué. Convaincu que le racisme systémique existe bien au Québec, le Premier ministre Philippe Couillard, a indiqué devant la presse locale que le «diagnostic» n’est que le point de départ pour endiguer ce phénomène et que des mesures concrètes devront être prises. Pour sa part, la ministre québécoise de l’immigration a expliqué que ce dialogue ouvert sur la question de la discrimination systémique et le racisme se tiendra d’abord à travers des consultations en région avant la tenue d’un forum programmé en novembre avec la participation d’acteurs et d’experts du milieu. En attendant, les consultations, dont le mandat a été confié à à la Commission québécoise des droits de la personne et des droits de la jeunesse, seront à la fois publiques et privées. Objectif : «éliminer les barrières à la pleine participation des Québécois de toutes origines», ajoute la ministre québécoise de l’immigration. Comment valoriser les différences et éviter les préjugés? Des mesures concrètes sont attendues par tous. Pour l’heure, le gouvernement canadien donne l’exemple en lançant en avril dernier un projet pilote pour le recrutement d’employés à la fonction publique sur la base de CV anonymes. Les résultats de cette opération permettront de voir si l’expérience est concluante.

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