Formation du gouvernement : El Othmani dévoile les coulisses

Formation  du gouvernement :  El Othmani dévoile  les coulisses

Lachgar n’était pas candidat et Younes Moujahid était proposé pour occuper le ministère de la culture et de la communication

Cette sortie médiatique est loin d’être fortuite puisqu’il a voulu ainsi démentir les informations sur son veto contre l’entrée de Lachgar au gouvernement.

Le chef de gouvernement, Saâd Eddine El Othmani sort de son mutisme. Après la multiplication des informations et rumeurs sur les négociations qui ont abouti à la formation du gouvernement, El Othmani dévoile une partie des coulisses. Dans une mise au point publiée sur le site du PJD, le numéro un de l’Exécutif affirme que Driss Lachgar, premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), n’était même pas candidat pour intégrer l’équipe gouvernementale actuelle. Cette sortie médiatique est loin d’être fortuite puisqu’il a voulu ainsi démentir les informations sur son veto contre l’entrée de Lachgar au gouvernement. A quelques jours de la nomination du gouvernement, des rumeurs couraient sur la nomination de l’ancien ministre chargé des relations avec le Parlement et actuel premier secrétaire de l’USFP au ministère de la justice et des libertés. Mais la candidature de Lachgar aurait fait face à un veto du chef de gouvernement ainsi que de Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD).

Mais il n’en est rien, selon Saâd Eddine El Othmani. Ce dernier a également évoqué un autre cas, celui de Younes Moujahid, membre du bureau politique du parti de la rose. Contrairement à Lachgar, Moujahid était effectivement parmi les candidats ministrables jusqu’à la dernière minute. Selon le chef de l’Exécutif, l’ancien secrétaire général du Syndicat national des journalistes figurait dans la liste proposée pour occuper le ministère de la culture et de la communication. Au total, ce portefeuille était convoité par quatre partis politiques de la majorité gouvernementale, à savoir le Mouvement populaire (MP), le Rassemblement national des indépendants (RNI), le PJD ainsi que l’USFP. Au final, le ministère est revenu au MP en la personne de Mohamed Laârej, ancien président du groupe parlementaire du parti de l’épi à la Chambre des représentants. En dévoilant ces détails, El Othmani voulait prouver que le nom de Younes Moujahid n’a pas été rejeté comme véhiculé par certaines informations.

La mise au point du chef de gouvernement est ainsi destinée à lever toute ambiguité autour de la formation de son cabinet en évitant de créer des tensions au niveau de la majorité fraîchement créée. C’est d’autant plus vrai que plusieurs grands défis attendent le gouvernement dans les prochains jours, notamment au Parlement qui ouvre ses portes dès ce vendredi (voir page 6). Le chef de gouvernement doit présenter le programme gouvernemental devant les parlementaires avant d’obtenir l’investiture du gouvernement. En effet, les membres de la Chambre des représentants doivent procéder après la présentation et l’examen dudit programme à un vote de confiance. Théoriquement, le gouvernement dispose d’une majorité confortable de 240 sièges à la première Chambre. Cela dit, le groupe parlementaire du PJD entretient le flou concernant ses positions. D’ailleurs, le secrétaire général du parti de la lampe a tenu une réunion avec les parlementaires pjdistes (voir encadré).

Majorité

L’actuelle majorité gouvernementale compte six partis politiques, à savoir le Parti de la justice et du développement (PJD), le Rassemblement national des indépendants (RNI), l’Union constitutionnelle (UC), le Mouvement populaire (MP), l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Au total, la majorité dispose de 240 sièges à la Chambre des représentants. Il s’agit d’une majorité confortable pour le gouvernement dont il aura besoin dès la reprise des travaux du Parlement.

Après le vote de confiance qui doit avoir lieu après la présentation du programme gouvernemental, la majorité devra soutenir l’adoption du projet de loi de Finances 2017. En effet, le Maroc est toujours sans loi de Finances en raison de la lenteur des négociations pour la formation de la majorité après les élections d’octobre 2016. Abdelilah Benkirane avait été chargé de former une majorité mais il a échoué six mois après sa nomination. Son successeur, Saâd Eddine El Othmani, a finalement pu réunir une majorité composée de six partis politiques.

Réunion entre Benkirane et les parlementaires de son parti

Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), Abdelilah Benkirane, a tenu une réunion avec les parlementaires de son parti jeudi. Une réunion qui a précédé l’ouverture du Parlement prévue ce vendredi. Selon des sources au sein du parti de la lampe, les parlementaires devaient discuter avec Benkirane deux principaux points, à savoir le programme gouvernemental ainsi que le programme électoral du PJD.

Ce dernier est la première force parlementaire à la Chambre des représentants avec 125 sièges obtenus à l’issue des dernières élections législatives. La réunion  a eu lieu au siège du parti à Rabat avec la participation des deux groupes parlementaires. Abdellah Bouano, vice-président du groupe parlementaire, a affirmé dans une déclaration que la rencontre entre les parlementaires du parti et Abdelilah Benkirane était tout à fait «normale». «Il est de coutume d’organiser des ateliers et des rencontres de formation au démarrage de chaque session parlementaire», a-t-il ajouté.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *