1ère cérémonie Blouses blanches de l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé

1ère cérémonie Blouses blanches de l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé

Des médecins compétents mais à tendances sociopathes ? Ils existent et nous avons malheureusement tous fait les frais de leur tempérament un jour ou l’autre. Ceci se justifierait-il par les conditions dans lesquelles ils sont appelés à remplir leur devoir, de jour ou même de nuit ? La réponse serait un non.

C’est ce qu’essaie de nous prouver l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé en initiant pour la première fois au Maroc la cérémonie «Blouses blanches» (CBB) . Vendredi 6 février, les 250 futurs médecins admis à cette université se sont réunis au grand théâtre du Studio des arts vivants pour unique raison de sceller un contrat pas très commun. De quoi s’agit-il ?

«Vous devez considérer chaque patient comme un membre de votre famille qu’il faut traiter avec respect et dignité. Il s’est confié à vous et vous a donné accès à ce qu’il a de plus cher et de plus intime : son corps. Le langage non verbal est tout aussi important. Ne soyez jamais hautain, soyez toujours modeste et humain. Montrez à chaque patient que sa situation vous tient à cœur.
Ne trompez jamais la confiance qu’il a placée en vous. A tout moment vous devrez traiter le malade et non la maladie. Surtout ne tuez jamais l’espoir».

C’est en ces termes que s’est adressé Pr Abdelkrim Bahlaoui aux jeunes étudiants. Non sans émotion, ces derniers ont été habillés de blouses blanches par leur tuteur ou parent avant de lire le serment de l’étudiant en médecine de l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé. (Voir illustration).

Dans le monde d’aujourd’hui, le grand mal qui guette ces médecins de demain réside sans doute dans l’arrogance et dans la folle course au profit. C’est justement dans ce sens que le doyen de la faculté MohammedVI tient à préciser que si le but initial du port de la blouse blanche n’est que celui autre de protéger le médecin et le patient et éviter la propagation des infections, l’une de ses fortes symboliques à l’heure actuelle est entre autres l’autorité.

«Rien ne peut remplacer la touche humaine. Ni les tests de laboratoire ni les médicaments que certains malades dans certaines régions de notre pays ne sont en mesure de se procurer peuvent remplacer la touche humaine. Il n’y a pas de meilleure école que celle de la souffrance. Vous aurez beaucoup à apprendre de la souffrance des autres. Un jour les rôles seront inversés: nous sommes tous des patients en attente», rappelle-t-il.

Kenza Berrada, présidente du Bureau des étudiants (BDE), fait partie de ceux qui ont commencé leur stage d’immersion hier, lundi. Ce sera là son premier pas vers le monde que lui a décrit le doyen. «Ceci marque le début d’une nouvelle vie, celle d’un futur médecin.

C’est donc avec fierté que nous devrons porter cette blouse car c’est bien plus qu’un simple effet, c’est un symbole d’engagement et de dévouement», confie-t-elle. Cette jeune étudiante a, paraît-il, compris l’essence du métier qu’elle a choisi. Pour elle, il ne suffit pas d’être de  bons praticiens car, «le vrai problème de la médecine de notre époque est le fait que nous ayons échangé les médecins humanistes de la première moitié du XXe siècle contre de simples techniciens».

La CBB est une occasion d’ancrer ces valeurs chez l’étudiant et le conduire à un engagement non seulement psychologique, mais intellectuel et éthique. Une sorte de contrat qui favoriserait l’empathie dans la pratique de la médecine dès le début de la formation médicale.

Tout en énumérant le nombre important d’avancées scientifiques dans le domaine médical, Pr Bahlaoui met l’audience devant un fait accompli. «Ce que vous n’aurez pas appris à la Faculté, dans les conférences, dans les ouvrages et dans les revues spécialisées, vous l’apprendrez de vos patients. Mettez-vous à leur écoute !».

Il est à rappeler que la première fois où une CBB a été organisée, c’était en 1989 à l’Université de Pritzker School of Medicine de Chicago. Depuis le temps, ce rituel a été pérennisé. Il est même devenu indispensable pour d’autres écoles dont la très prestigieuse Harvard Medical School.

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