Discrimination à l’égard des femmes toxicomanes : L’OICS tire la sonnette d’alarme

Discrimination à l’égard des femmes toxicomanes : L’OICS tire la sonnette d’alarme

Elle n’a pas accès notamment aux mêmes traitements et facilités que les hommes

Sur le volet judiciaire, l’Organe international de contrôle des stupéfiants condamne les sanctions extrajudiciaires visant des personnes soupçonnées d’activités illicites liées à la drogue et demande aux États d’abolir la peine de mort pour les infractions liées aux drogues.

Une hausse disproportionnée de surdoses chez les femmes. C’est ce qui ressort du rapport annuel de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) présenté jeudi à Rabat. En effet, l’organisme onusien exhorte les Etats d’adopter des politiques antidrogue qui tiennent compte des différences entre les sexes, de permettre un meilleur accès des femmes toxicomanes aux soins de santé et d’un financement accru de la prévention et du traitement de la toxicomanie chez les femmes.

Selon l’OICS, «les femmes et les filles représentent un tiers des usagers de drogue dans le monde, cet usage étant plus répandu parmi les femmes des pays à revenu élevé». A cet égard, Jallal Taoufiq, membre de l’OICS, souligne que le rapport de l’année 2016 consacre son premier chapitre à la problématique des femmes et des drogues. «Vous savez très bien que la femme dans le monde souffre de discrimination et de stigmatisation. Elle n’a pas accès aux mêmes traitements et facilités que les hommes pour pouvoir recevoir les mêmes programmes thérapeutiques, et très souvent il n’y a pas de programmes thérapeutiques consacrés aux femmes». Et de poursuivre : «Il y a par exemple des centres thérapeutiques où il n’y a pas d’espaces pour les femmes. Mais encore, la femme souffre de stigmatisation de la part de la société. Ainsi, une femme usagère de drogues est perçue d’une façon encore plus négative qu’un homme usager de drogues». En outre, un cinquième seulement des personnes traitées sont des femmes. Le rapport attribue cette discrimination aux importants obstacles systémiques, structurels, sociaux, culturels et personnels que les femmes rencontrent lorsqu’elles veulent accéder à un traitement pour toxicomanie. Jallal Taoufiq précise que plusieurs problématiques en découlent, à savoir : la prostitution et l’usage de drogue, la problématique de la moralisation de la société par rapport à la femme, mais également la problématique de la violence à l’égard des femmes usagères de drogue, autant de thématiques que ledit document passe au crible.

Par ailleurs, l’expert reste ferme sur l’usage non médical du cannabis. «La vague de légalisation du cannabis non médical commence à s’étendre comme une tache d’huile à travers le monde. Il y a une problématique aujourd’hui à laquelle on doit faire face. La légalisation du cannabis à usage non médical ne correspond pas aux conventions signées par plusieurs Etats, ce qu’il va falloir revoir entièrement». Le rapport de cette année insiste également sur cette notion de précurseurs. Jallal Taoufiq explique «que pour produire des drogues aujourd’hui, on utilise des produits chimiques qui sont vendus librement. Nous constatons qu’il y a de plus en plus de précurseurs et même des «pré-précurseurs» qui traversent les frontières. Ces substances servent aux chimistes pour fabriquer des drogues extrêmement néfastes». De surcroît, chaque année il y a de nouvelles méthodes de fabrication de ces composants, ce qui rend la mission des experts encore plus difficile. Sur le volet judiciaire, l’Organe international de contrôle des stupéfiants condamne les sanctions extrajudiciaires visant des personnes soupçonnées d’activités illicites liées à la drogue et demande aux États d’abolir la peine de mort pour les infractions liées aux drogues.

Le rapport appelle également à envisager des peines de substitution à l’emprisonnement pour les infractions mineures.

Leila Ouchagour

Journaliste Stagaire

1 Comment

  1. Muslim

    Tout simplement il ne faut pas tolérer la toxicomanie que ce soit l’héroïne, la cocaïne, le hachich ou autre, c’est mauvais pour la santé, ainsi que l’alcool, un esprit sain dans un corps sain….

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