Education : Amzazi à la recherche de 120 milliards DH !

Education : Amzazi à la recherche de 120 milliards DH !

C’est le coût nécessaire pour la mise en œuvre de la vision stratégique jusqu’en 2030

Généraliser un préscolaire de qualité à l’heure où 54% des enfants de 4-5 ans ne sont toujours pas préscolarisés aura un coût très élevé: environ 1,3 milliard DH, rien que pour l’année 2019.

Le financement de l’enseignement semble se transformer en un véritable cauchemar pour les responsables. Alors que le secteur de l’éducation nationale est considéré déjà comme le plus budgétivore de tous, le pays devra encore trouver des ressources supplémentaires pour financer notamment la vision stratégique. Les chiffres avancés par Saïd Amzazi, ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, donnent tout simplement le tourni. «Le coût financier que représentera annuellement la réforme de l’éducation nationale à la lumière de la loi cadre qui émane de la vision stratégique du CSEFRS pour la période 2019-2030 est estimé à 10 milliards DH supplémentaires chaque année dans un scénario minimisé. Il restera donc un gap à combler pour la totalité des 12 ans à venir de 120 milliards DH, ce qui représentera annuellement près d’un point de PIB national si nous partons d’une hypothèse de croissance annuelle de 4,5%», a-t-il annoncé. Le ministre s’exprimait, en effet, dans le cadre d’une conférence-débat organisée par la TGR (Trésorerie générale du Royaume) à Rabat sur les finances publiques et les dépenses d’avenir. Si le pays a besoin d’autant d’argent, c’est que les responsables comptent dès la rentrée scolaire prochaine mettre en place d’un certain nombre d’actions prioritaires.

Vers un préscolaire obligatoire

En tête des priorités figure ainsi l’enseignement préscolaire. Le ministre de tutelle espère ainsi instaurer deux années d’enseignement préscolaire obligatoire. «Bien que le nombre moyen d’années de scolarisation des Marocains soit passé de 3,8 à 5,1 années, entre 1999 et 2013, celui-ci reste faible comparé à la moyenne de 6,3 années des pays arabes ou aux 7,6 années de la Turquie par exemple…Voilà donc pour nous une formidable occasion et une opportunité à ne pas rater de faire d’une pierre deux coups en instaurant deux années de préscolaire obligatoire: augmenter le nombre d’années d’études moyen par habitant qui serait alors de 7, mais surtout investir dans cette période de la petite enfance que tous les spécialistes s’accordent à considérer comme de très loin la plus «rentable» de toute la durée des études d’un individu, y compris les études supérieures», dit-il. Et de poursuivre: «Toutefois, vous vous en doutez, généraliser un préscolaire de qualité à l’heure où 54% des enfants de 4-5 ans ne sont toujours pas préscolarisés aura un coût très élevé: environ 1,3 milliard DH, rien que pour l’année 2019. Malgré tout, même en envisageant un financement annuel qui atteindrait les 3 milliards DH dans les années à venir, nos prévisions estiment que cette généralisation du préscolaire au Maroc ne sera atteinte que dans une dizaine d’années».

Disparités

Au cours de son intervention, le ministre de l’éducation nationale n’a pas manqué de soulever la question des disparités entre les milieux urbain et rural. Dans ce sens, les responsables semblent miser sur le modèle des écoles communautaires.
«L’expérience des 13.000 écoles satellites existantes, en majorité constituées de salles en préfabriqué, très isolées et souvent dénuées d’infrastructures communes de type sanitaire ou bibliothèques ne s’est pas avérée concluante et ne répond pas à la vision que l’on peut se faire d’une école qui permet l’épanouissement des enfants et leur vie en communauté. Ce modèle est donc révolu et destiné à disparaître au profit de celui des écoles communautaires qui accueillent les enfants dans des conditions sociales plus dignes et plus propices à leur bien-être comprenant la restauration, le transport scolaire pour les plus jeunes et le logement pour les enseignants en particulier», annonce Amzazi rappelant tout de même que «là aussi, ce sont environ 2 milliards DH qu’il faudra investir pour mettre en place au titre de l’exercice 2019, 200 nouvelles écoles communautaires et 1 milliard DH de plus pour les prestations sociales en repas et logement qui leur sont inhérentes».

Abandon scolaire

Le ministère de l’éducation nationale veut lutter contre l’abandon scolaire. «Nos actions d’urgence ne sauraient passer outre un fléau qui affecte lourdement la rentabilité de notre système éducatif national, à savoir l’abandon scolaire. Mettre en place 6h hebdomadaires de soutien scolaire pour nos quelque 300.000 élèves décrocheurs sur un total de 7,5 millions d’élèves, si on se limite à cette population, représente un investissement annuel d’un demi-milliard DH, mais qui aurait un impact certain sur le taux de décrochage scolaire, surtout quand on sait que l’opération «Tayssir»; (ce sont des bourses sociales destinées aux familles pour continuer à envoyer leurs enfants à l’école) et l’opération «1 million de cartables» (nous avons atteint plus de 4 millions de cartables) ont  pu réduire ce taux de 60% et ont permis la re-scolarisation de 37% des élèves en abandon scolaire», explique Amzazi.

Qualité de l’enseignant

L’autre action prioritaire annoncée par Amzazi, en poste depuis début 2018, concerne les ressources humaines.

«Au-delà de l’importance stratégique d’un dispositif cohérent et intégré de formation initiale, nous ne pouvons plus considérer la formation continue des enseignants comme une option, alors que celle-ci est vitale pour la qualité de notre éducation.

Bien sûr il nous faut relever le défi des effectifs d’enseignants qui dépassent actuellement les 250.000.

A titre d’exemple, mettre en place pour ces derniers trois formations continues par an de 5 jours chacune, se chiffrera à près de 1,5 milliard DH annuellement», explique le ministre faisant savoir qu’une réflexion est menée actuellement sur la mise en place de modèles de formation continue in situ afin d’accompagner l’enseignant dans sa dynamique d’apprentissage au sein même de sa classe.

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