Enfance : Haro sur l’exploitation

Le phénomène du travail des enfants au Maroc ne date pas d’hier. C’est une réalité enracinée dans l’histoire du pays. Aujourd’hui, la lutte contre ce fléau est plus que d’actualité. Nombreuses sont les associations qui sont à cheval pour mettre un terme à l’exploitation des enfants, ou du moins l’atténuer. Dans ce sens, les syndicats national et néerlandais de l’enseignement ont organisé, samedi dernier à Fès, une conférence sur l’exploitation économique des enfants.
Cette manifestation sociale, à laquelle ont pris part des universitaires marocains et étrangers, des pédagogues, des psychologues ainsi que des représentants de la société civile, s’inscrit dans le cadre des préparatifs des projets menés par le syndicat national de l’enseignement visant la lutte contre l’emploi des enfants au Maroc.
Lors de cette rencontre, qui a été marquée par la présentation des expériences pilotes en matière de protection des enfants dans les secteurs de la poterie, de zellige et de la dinanderie dans la capitale spirituelle du pays, les participants se sont penchés sur les causes économiques et sociales qui sont derrière ce phénomène qui porte préjudice à notre société. L’exode rural, la pauvreté, la dislocation de la cellule familiale, l’échec de la scolarité et l’analphabétisme étaient les principales causes, ont-ils noté, qui poussent la relève de demain à travailler dans des conditions insalubres et dangereuses mettant en péril leur épanouissement physique, moral, intellectuel et même affectif.
Selon les statistiques de 1994, le nombre des enfants travailleurs de moins de quinze ans s’élève à 366.943, dont 65 % sont du sexe masculin et 72,6 % sont issus du monde rural.
S’agissant des différentes tâches exercées par les enfants dans le travail, les participants ont souligné que le phénomène d’abus et d’exploitation sexuels des enfants est souvent occulté par la loi du silence qui sévit dans le secteur. Ils ont également déploré le vide juridique en matière d’exploitation des enfants, appelant les parties concernées, pouvoirs publics et différentes composantes de la société civile, à prendre des actions urgentes pour éradiquer le travail des enfants, du moins dans les secteurs à « risque ».
Les intervenants ont également évoqué, lors de cette manifestation, les conventions internationales ratifiées par le Maroc visant l’élimination du travail des enfants.
Et de conclure en soulignant que la généralisation de l’enseignement des enfants âgés de six ans, la sensibilisation sur la protection de l’enfance et la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme demeurent les facteurs déterminants pour mettre un terme à l’emploi des enfants dans toutes ses formes.

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