La primature et les cimentiers s’entendent

Le Premier ministre, Driss Jettou, s’est réuni lundi dernier à Rabat avec des représentants de la CGEM ainsi que ceux de l’ensemble des fédérations qui lui sont affiliées. A l’ordre du jour, le rappel des conditions générales dans lesquelles la loi de Finances 2004 a été élaborée ainsi que les principaux axes de ce budget. Pour ce qui est du premier point, le Premier ministre a rappelé que la préparation de la loi de Finances pour le prochain exercice s’est déroulée dans le cadre d’une conjoncture économique particulièrement difficile. Par conséquent, la marge de manoeuvre du gouvernement s’est avérée très réduite. Parmi les contraintes de l’exécutif, citons essentiellement le poids de la dette, le coût du dialogue social et l’impact des attentats du 16 mai sur les Finances publiques. Selon le président de la CGEM, Hassan Chami, « les opérateurs économiques marocains sont, tout à fait, conscients de ces contraintes ». En fait, Chami trouve que la loi de Finances est globalement positive, même si toutes les revendications du patronat n’ont pas été prises en considération. Et d’ajouter que « la CGEM, elle-aussi, considère l’aspect sécuritaire comme une priorité ». Et pour cause, en comblant les lacunes en matière de sécurité, l’Etat crée les conditions optimales pour l’attrait des investissements nationaux et étrangers. A ce titre, le Premier ministre a estimé que le gouvernement a consacré d’importants moyens pour le développement des équipements et l’amélioration de la situation du personnel chargé de la sécurité. Par ailleurs, les discussions entre Driss Jettou et les représentants du patronat ont porté sur un des chantiers les plus importants du gouvernement, que le Premier ministre a qualifié de « priorité des priorités »: l’habitat. La loi de Finances prévoit des mesures extrêmement importantes non seulement en amont mais également en aval du secteur. Ainsi, d’un commun accord survenu hier entre la Primature et les cimentiers, la taxe prélevée sur la vente de ciment passera désormais de 50 DH à 100 DH par tonne. Cette taxe sera versée au Fonds de Solidarité pour la lutte contre l’Habitat insalubre (FSH). Ce Fonds est également alimenté par des capitaux internationaux. Grâce à cet accord, le FSH devrait passer de 450 millions de DH à un milliards de DH. L’Etat s’est engagé, à travers cet accord, de viabiliser le foncier mobilisé pour la construction de logement à prix réduits. Une fois viabilisés par le gouvernement, les terrains destinés à ces opérations seront mis à la disposition des promoteurs privés pour la construction de ces fameux Habitats Bon Marché (HBM). L’effort gouvernemental ne s’arrêtera pas là. Puisque la loi de Finances 2004 prévoit la création de trois fonds de garantie d’une enveloppe budgétaire d’un milliard de DH. Le premier sera destiné aux fonctionnaires, le second pour les salariés du secteur privé et le troisième pour les salariés des petites professions libérales comme les (artisans, petits commerçants…). Driss Jettou a également rappelé que le projet de budget 2004 prend en considération la réalisation des grands chantiers d’infrastructures. Il s’agit, notamment du port Tanger-Méditerranée (autoroutes, lignes de chemins de fer, zone industrielle) et trois complexes sportifs dans le cadre des préparatifs pour la candidature du Maroc à l’organisation du Mondial 2010. C’est le cas également de la réalisation de deux autoroutes entre Marrakech et Agadir et entre Fès et Oujda. Le Premier ministre a également souligné que le rythme des réalisations des autoroutes devra passer de 45 à 100 km par an.

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