Lancement du plan national de lutte contre la mendicité des enfants

Lancement du plan national de lutte contre la mendicité des enfants

Rabat, Salé et Témara sont les premières villes ciblées

Le président du ministère public a insisté sur la nécessité de trouver dans le cadre permis par la loi des solutions appropriées qui protègent l’enfant de l’humiliation, tout en garantissant leur prise en charge dans les meilleures conditions appropriées à leur situation.

Le Maroc se dote enfin d’un plan national de lutte contre la mendicité des enfants. Le lancement officiel de ce plan a eu lieu mercredi 4 décembre à Rabat. Dans une première phase, il ciblera trois villes, à savoir Rabat, Salé et Témara. Il sera par la suite généralisé à l’ensemble du territoire national.

Ce nouveau plan repose sur le renforcement du système de protection des enfants exploités pour mendicité en se basant sur le travail d’intervention d’équipes de terrain pluridisciplinaires dans différentes régions au niveau de la protection judiciaire, des soins de santé, de l’assistance psychologique et sociale, de l’éducation et la formation, ainsi que du suivi et de l’évaluation. La ministre de la solidarité, du développement social, de l’égalité et de la famille, Jamila El Moussali, a indiqué que ce plan d’action comporte neuf axes qui prennent en compte le parcours de l’enfant dans le système de protection à partir du signalement de l’enfant par la police judiciaire, en passant par la protection judiciaire appropriée, puis la prise en charge médicale, clinique et psychologique urgente selon la situation de chaque enfant.

Il s’agit ensuite de réinsérer l’enfant dans sa famille, l’accompagner et le faire bénéficier des programmes de soutien social disponibles soit par le biais du Fonds d’appui à la cohésion sociale ou du Fonds Takaful de la famille, ou par l’accueil de l’enfant dans une institution de protection sociale si son intérêt l’exige. Pour sa part, le président du ministère public, Mohamed Abdennabaoui, a mis en exergue la nécessité de coordonner la politique pénale avec d’autres politiques publiques dans l’intérêt supérieur de l’enfant, constituant l’un des objectifs principaux auquel le Maroc s’est engagé en vertu de la convention relative aux droits de l’enfant.

M. Abdennabaoui a appelé les différents acteurs concernés à poursuivre leurs efforts et à s’engager dans ce plan d’action pour éliminer le phénomène de l’exploitation des enfants à des fins de mendicité.

Le président du ministère public a également exhorté les différentes parties prenantes, en coordination avec tous les secteurs concernés, les familles et la société civile, à adopter une approche rigoureuse dans l’application de textes juridiques contraignants contre les exploiteurs d’enfants. Ce dernier a insisté sur la nécessité de trouver dans le cadre permis par la loi des solutions appropriées qui protègent l’enfant de l’humiliation, tout en garantissant leur prise en charge dans les meilleures conditions appropriées à leur situation. Au Maroc, il est impossible de savoir combien d’enfants sont exploités dans la mendicité au niveau national. Les résultats de la première enquête nationale sur la mendicité qui avait été publiée en 2007 avaient révélé qu’un Marocain sur 150 est un mendiant. Ladite enquête avait abouti à une estimation du nombre de mendiants à 195.950 personnes dont 100.225 sont des femmes et 95.725 des hommes. Concernant l’âge, l’enquête avait révélé que 67.798 (soit 34,6%) ont entre 40 et 59 ans, et 57.931 (soit 29,6%) ont plus de 60 ans. Les jeunes viennent en troisième position (24,3%) et, en dernier lieu, il y a les enfants avec un taux de 11,5%. Malgré l’absence de nouvelles statistiques officielles, les associations estiment que le phénomène serait en hausse. Devenue un véritable commerce, la mendicité attire chaque année des milliers de personnes.

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