L’eau se fait rare dans la Chaouia

Une étude, examinée dernièrement par le conseil de la région Chaouia Ouardigha, montre que la situation dans la région est caractérisée par la gravité du déficit d’eau et la pollution des nappes. S’agissant de la question d’eau en général, l’étude précise que le bilan est «globalement déficitaire» en raison des conditions climatiques. Ce déficit concerne l’ensemble du territoire régional en étant plus prononcé vers le sud et est irrégulièrement réparti dans le temps, avec des variations saisonnières «défavorables».
Pour ce qui est des volumes d’eau à mobiliser pour l’irrigation, l’étude indique que ces volumes sont énormes, mais uniquement pour l’irrigation des sols de première classe (3000 km2), avant de noter que 03 % seulement de la superficie agricole utile est irriguée dans la région. Cependant, la même source relève que pour l’eau potable, les quantités à mobiliser sont «moindres», mais le coût de production et d’adduction est important, notamment en milieu rural. S’agissant de l’eau industrielle, l’allocation de ressources aux nouvelles zones d’activité est indispensable pour leur développement, ajoute l’étude, faisant remarquer en même temps que vu la priorité de la desserte en eau potable, stratégique, le développement industriel futur dépendra de plus en plus de la disponibilité et du prix de la ressource allouée.
Cette étude, commandée par le conseil de la région pour une enveloppe budgétaire de près de 1.700.000 dirhams, montre dans ce cadre que les ressources en eau superficielles de la région sont constituées par les apports pluviométriques et par le réseau hydrographique. Et malgré l’importance des débits de l’Oum Errabii, précise l’étude, il s’agit pour la région de «débits de transit, c’est-à-dire de ressources qui passent par la tangente occidentale de la région sans la concerner directement». Face à la faiblesse des ressources superficielles pérennes de la région, indique l’étude, les sept nappes dont dispose la région ont un «rôle stratégique» certain en terme d’irrigation et d’eau potable. Seulement, ces nappes, relève cette étude, sont toutes polluées, à des degrés divers par des polluants chimiques (surtout les nitrates, mais aussi d’autres intrants agricoles et des rejets industriels) et bactériologiques et sont attaquées par une montée de la salinité.
L’étude, qui avertit que les risques découlant de cette situation sont aussi bien d’ordre sanitaire qu’économique, recommande d’oeuvrer constamment pour la réduction des déficits en eau, et particulièrement de l’irrégularité saisonnière des apports. Et dans les conditions climatiques de la Chaouia Ouardigha, conclut l’étude, les voies possibles consisteraient en le renforcement du stockage par la création de retenues d’eaux superficielles, l’augmentation du pompage dans les nappes, en tenant compte de leur équilibre, l’allocation de nouvelles ressources extra-régionales et l’économie par l’installation de nouvelles techniques d’irrigation ainsi que la mise en place des mesures de contrôle.

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