«Profamille», un programme pour soutenir les familles des malades

«Profamille», un programme pour soutenir les familles des malades

La schizophrénie, comment la faire admettre aux personnes qui en sont atteintes? Tel est le thème de la conférence qui s’est tenue samedi 20 décembre à Casablanca. Cette rencontre organisée par  AMALI (Association marocaine pour l’appui, le lien et l’initiation des familles de personnes souffrant de troubles psychiques et de schizophrénie) a constitué une plate-forme pour le lancement d’un programme en faveur des proches des personnes malades. Ce programme créé, sous l’égide de l’Unité de psychiatrie sociale et préventive de l’Université de Laval (Canada) a pour but de mieux faire connaître la maladie. Sous le nom de «Profamille», cette initiative est payante. Elle coûtera 1.500 DH par personne dont 500 DH seront pris en charge par l’association. «Ce prix reste raisonnable», déclare Naïma Trachen, présidente de l’association, avant d’ajouter que «ce programme peut éviter le coût excessif des soins en cas de rechute». «L’effet du programme «Profamille» dépend en premier lieu de l’assiduité des adhérents», prévient Mme Trachen, les cours formant une chaîne indissociable de 15 séances à raison de deux par mois. Les rapports sur les études réalisées autour de l’efficacité de ce programme affichent souvent un résultat bénéfique sur la qualité de vie des familles. Selon le rapport de l’Inserm (Institut national de la santé et la recherche médicale), le taux de rechute d’un malade en une année avec une prise en charge classique, varie de 41 à 58% alors qu’il n’est que de 6 à 12% en cas de prise en charge psychothérapeutique de la famille. À l’instar de la France, le Canada, la Suisse et la Belgique, l’organisme compte mettre fin à la stigmatisation et aux préjugés attachés à cette pathologie complexe. La schizophrénie, souvent assimilée à un dédoublement de la personnalité, se déclare généralement entre 15 et 25 ans. «Mon mari souffre d’hallucinations, je crains qu’il se suicide sans que je ne puisse l’aider», affirme la femme d’un patient au CPU ( Centre psychiatrique universitaire) d’Ibn Rochd. La plupart des schizophrènes refusent d’admettre leur maladie et de se faire soigner. «Mon fils croit que je tente de l’empoisonner à chaque fois que je lui demande de prendre son médicament», témoigne une mère en détresse. Ainsi, les symptômes de la maladie restent divers. Ils vont de l’hallucination aux idées délirantes, en passant par le discours décousu, le comportement désorganisé, l’apathie, la passivité et l’extinction des réactions émotionnelles. Ces symptômes, persistant plus de six mois, sont le seul diagnostique de la maladie mentale. «On doit parler des schizophrénies et non pas de la schizophrénie», déclare le professeur Asri Fatima, médecin au CPU de Marrakech. Cette pathologie  aux causes mal-connues touche 300.000 Marocains. «Mon fils est malade depuis  20 ans. Ce n’est qu’aujourd’hui que je commence à gérer mon stress et à réagir face à ses comportements déroutants. Nous avons donc réellement besoin de connaître la schizophrénie pour pouvoir aider les malades», déclare Mme Trachen. Le moyen donc de soulager un malade mental est de mieux connaître sa souffrance et les attitudes à tenir face à ses élans maladifs.

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