Rapport mitigé des experts de l’ONU

Rapport mitigé des experts de l’ONU

La mission du Conseil des Nations Unies pour les droits de l’Homme chargée de juger de l’exercice des droits des femmes dans le Royaume a pris fin, lundi à Rabat, par la présentation d’un rapport préliminaire qui a relevé autant de points positifs que d’insuffisances en matière d’égalité des genres.
A l’initiative du Maroc, le groupe de travail onusien a séjourné une semaine dans le Royaume et y a eu des entretiens avec les institutionnels et organisations de la société civile parties à la mise à niveau de la question genre dans le Royaume. Présidé par l’Indonésienne Kamala Chandrakirana, le groupe qui est composé de cinq experts «de toutes les régions du monde» a séjourné à Casablanca, Fès, Rabat et Khémisset, ville dans laquelle il s’est déclaré avoir pris le pouls de la réalité des droits de la femme dans le monde rural. Le groupe qui a rendu hommage aux réformes réalisées par le Maroc en matière d’égalité genre et de droits des femmes a néanmoins jugé que l’application des textes audacieux qui ont été adoptés pèche par leur faible application. Les experts onusiens ont donc invité le Maroc à «prioriser» la mise en place de l’autorité sur la parité. Selon Emna Aouij, juriste, cette instance, l’APALD, est de nature à impulser le «remarquable cadre légal» mis en place pour asseoir les droits des femmes et d’en améliorer l’application. En effet, le rapport préliminaire de la mission du Conseil des Nations Unies pour les droits de l’Homme qui fait mention de la satisfaction des experts concernant «le code de la famille, le code de la nationalité, le code de commerce, le code du travail et le retrait des réserves à la Cedef (convention des NU sur les discriminations contre les femmes) relève néanmoins que des discriminations demeurent» y compris dans le code de la famille en relation avec le mariage, le divorce, la garde des enfants et l’héritage. Ces insuffisances nécessitent des améliorations continuelles, note le document. Le rapport considère également que l’application des lois sur le mariage précoce et la polygamie n’est pas ce qu’elle devrait être. Cependant, il reconnaît que la volonté politique de changement est manifeste à tous les niveaux de décision et que c’est là un point qui favorise la mise en conformité avec les standards internationaux.
Répondant à une question d’ALM sur la difficulté pour un pays de tradition islamique à édicter des lois conformes aux standards mais non conformes à ses préceptes religieux- en ce qui a trait à l’héritage et à la polygamie principalement- les experts onusiens ont répondu que la conformité à l’international étant la finalité dernière, chaque pays a la faculté d’y tendre et de la réaliser à son rythme.

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