Rentrée scolaire : L’autre revers

A l’occasion de la nouvelle rentrée scolaire, le ministère de l’Education nationale (MEN) a élaboré un document intitulé «les prévisions de la rentrée scolaire 2002-2003». Ce document souligne que le Maroc tient plus que jamais à concrétiser le rêve tant caressé de la généralisation de l’enseignement. Effectivement, la mobilisation générale suit parfaitement son cours depuis plus de deux ans. Au titre de l’année scolaire 2002-2003, le nombre de nouveaux inscrits en 1-ère année de l’enseignement fondamental du secteur public a atteint 707.000 environ, soit une augmentation de 5 pour cent par rapport à la saison précédente.
En milieu rural, les dernières données révèlent que le nombre de nouveaux inscrits en 1-ère année de l’enseignement primaire du secteur public a atteint 413.987, enregistrant ainsi une augmentation de 7 % par rapport à 2001-2002. Alors qu’en milieu urbain, le nombre de cette catégorie s’élève à 295.035 inscrits, soit une augmentation de 3%. Des chiffres de bon augure certes, mais cette rentrée n’est pas sans lacunes. Nul n’ignore que l’enseignement fondamental du secteur public englobe la majorité des écoliers issus de milieux populaires et par conséquent, parents et tuteurs de ceux-ci ne disposent que de revenus limités. Le coût des fournitures scolaires pour la première classe primaire frôle ou dépasse les 100 dirhams dans le meilleur des cas.
Le livre scolaire (Al Moutalaâ) existe en trois programmes différents, tandis que l’activité scientifique (Annachate Al îlmi) est disponible en quatre versions différentes!! Tous ces programmes sont conçus pour la première classe primaire, avec un niveau très élevé et difficile pour un enfant qui accède à l’école pour la première fois. Avec un cartable de près d’une dizaine de kilos sur les épaules, un enfant de six ans est vite fourbu. Difficile de marcher avec un tel poids. Dès son premier jour, l’enfant commence à voir en l’école une source de souffrances, un calvaire. Un enfant dont les parents sont démunis et analphabètes de surcroît.
Certains enseignants déplorent cette réalité qui dévoile des intentions purement mercantiles de la part des éditeurs et des imprimeries qui sont loin d’accompagner les objectifs officiels en matière d’enseignement et d’éducation. Plus encore, la spéculation bat son plein pour que certains programmes demeurent rares et automatiquement plus chers. Des propriétaires de librairies furieux contre une procédure de livraison incorrecte. Ils commandent un lot de programmes et ils n’en reçoivent que la moitié, d’où cette densité de foules devant les librairies. Parents et tuteurs affluent manifestant leur désarroi et leur crainte de ne pas trouver la pièce rare. Et l’on ne parle pas de l’enseignement privé.
Toujours dans le secteur public, celui des masses, au fur et à mesure que le niveau scolaire augmente, la facture en fait de même. Un élèvte au secondaire peut coûter jusqu’à 450 dirhams !! C’est une problématique à laquelle il faut que tous les acteurs songent à l’avenir. Les éditeurs et les imprimeries en premier lieu, au moins en ce qui concerne certains niveaux pour que tout le monde contribue au décollage de l’enseignement pour lequel S.M. Mohammed VI s’est engagé à fond.

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