Retrospective 2014: Qu’a-t-on fait du Maroc en 2014? Des réformes et des retards

Retrospective 2014: Qu’a-t-on fait du Maroc en 2014? Des réformes et des retards

A analyser avec recul le déroulement de l’année 2014, on ne peut que dresser un bilan très mitigé d’un Maroc en constante mouvance sociale. Aucun secteur n’est à exclure aux dépens d’un autre. Qu’il s’agisse de l’amélioration de niveau de vie, d’accès à la santé, à l’éducation au logement ou encore la question migratoire dont le Maroc prend nouvellement ses responsabilités en main, de bonnes annonces ont été faites, certaines promesses ont été tenues tandis que d’autres peinent à se concrétiser. Quelles sont les grandes questions ayant préoccupé l’opinion publique marocaine en 2014 ? ALM vous en fait le tour d’horizon.

Les discours royaux restent sans doute l’une des premières lignes déterminant les grands chantiers gouvernementaux. A fin 2013, précisément à l’occasion du 60ème anniversaire de la glorieuse Révolution du Roi et du Peuple, SM le Roi Mohammed VI avait lui-même fait le bilan du système éducationnel national. «Parce que Nous entendons que le citoyen marocain soit au cœur du processus de développement et des politiques publiques, Nous tenons à ce que l’école puisse disposer des moyens lui permettant de remplir sa mission d’éducation et de formation», avait-il déclaré avant de préciser : «Le secteur de l’éducation est en butte à de multiples difficultés et problèmes, dus en particulier à l’adoption de programmes et de cursus qui ne sont pas en adéquation avec les exigences du marché du travail».

Une année s’est écoulée depuis. Le taux de scolarisation a augmenté de 3,2% et 246 nouveaux établissements scolaires ont ouverts leurs porte cette année portant leur nombre à 10.667, dont 54% dans le milieu rural qui compte quelque 93 écoles communautaires. Bien qu’à saluer, ces initiatives s’attaquent à un problème de chiffres et non de qualité. Car, à nos jours, l’école marocaine reste «complètement décalée par rapport à son environnement». Ce n’est autre que le constat fait en décembre 2014 par Rachid Belmokhtar, ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, selon qui, le Maroc forme des personnes pour enseigner et non pour éduquer et c’est là l’un des problèmes majeurs de notre système éducatif. Pour éviter de sacrifier d’autres générations, un Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a été créé en juillet dernier. Il regroupe 93 membres qui se pencheront, en principe, sur l’application de la charte nationale d’éducation et de formation. Une charte audacieuse victime de dysfonctionnements.

L’école mise à part, l’une des préoccupations majeures d’un citoyen marocain est liés à sa santé. Où sera-t-il soigné? Aura-t-il accès aux médicaments ? Et dans quelle mesure sera-t-il pris en charge ? Il faut dire que de tous les maux, celui de la sécurité sociale et de la prise en charge pèse le plus. Pour atténuer son impact, un Régime d’assistance médicale aux économiquement démunis (RAMED) a été lancé il y a plus de deux ans. Aujourd’hui, ils sont plus ou moins 7,6 millions de marocains à en bénéficier. Soit un taux de couverture de 94% par rapport à une population cible atteignant les 8,5 millions de personnes. L’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) a néanmoins repéré plus de 22.000 fraudeurs. Ces derniers ont en effet une double affiliation. Autrement dit, ce sont des assurés de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) et de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) qui sont en même temps détenteurs de cartes Ramed. En somme, bien que quasi généralisé, le Ramed peine à trouver un circuit sain de fonctionnement et de financement que ce soit au niveau de contrôle ou celui de financement.

Par ailleurs, il est sans rappeler que le Maroc tente depuis des années de réhabiliter ses caisses de retraites. Plus le temps passe, le problème dépassera celui d’une gestion défaillante des caisses au cours des dernières années, pour englober une forte croissance de la population accompagnée d’une augmentation de l’espérance de vie. Dans ce sens, il est impératif d’agir car le coût sur le plan social et même politique pourrait être considérable. Un avis sur la question a été rendu par le Conseil économique, social et environnemental en novembre 2014. S’ensuivront principalement des concertations entre le gouvernement et les partenaires sociaux autour de cette réforme. Jusqu’aujourd’hui, aucun pas dans ce sens n’a été entrepris et la résolution du problème, paraît-il, attendra l’agenda 2015.

On ne peut évoquer l’année 2014 sans parler d’un évènement phare dont le Maroc a été le hôte. En novembre 2014, le Royaume a accueilli le Forum mondial des droits de l’Homme. Un évènement d’ampleur internationale où toutes les causes ont trouvé écho. La question du genre s’est ainsi invitée aux multiples débats et, avait-on annoncé, qu’une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discriminations à l’égard de la femme sera prochainement installée. Dans le même sens, le Parlement marocain est en train de se pencher sur l’élaboration d’une loi sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes. En principe, cette loi devait être adoptée avant fin 2014. Sous sa forme actuelle, ce projet de loi s’attarde sur plusieurs actes de violence tels le harcèlement, le mariage forcé, l’atteinte à l’intégrité du corps de la femme ou encore la dilapidation sans pour autant s’arrêter sur la problématique du viol conjugal.

In fine, une chose demeure toutefois sûre; les visions stratégiques devraient converger dans un seul but, qui est celui du bien-être du citoyen si l’on veut que le Maroc d’aujourd’hui avance à pas sûrs.

Santé : Quand Louardi a baissé les prix des médicaments
 

C’était le 8 avril 2014. Après plusieurs mois de suspens, la liste des médicaments faisant l’objet d’une baisse des prix est publiée dans le Bulletin officiel. Lhoussaine Louardi, ministre de la santé, aura tenu sa promesse. Sur les 6.000 médicaments commercialisés au Maroc, 1.258 ont vu leurs prix révisés à partir du 8 juin 2014. Les plus fortes baisses concernent les médicaments anticancéreux tels que «Anzatax» qui est passé de 4.837,50 DH à 2.476 DH ou encore «Campto» qui est passé de 2.840,40 à 1.313 DH, tandis que les prix de la plupart des médicaments de moins de 50DH (les plus vendus au Maroc) sont restés inchangés.

Avant son adoption, le décret avait été fortement critiqué par les acteurs du secteur, notamment les industriels et les pharmaciens. Après plusieurs mois de négociations, le ministre avait finalement répondu favorablement aux demandes des pharmaciens, instaurant des mesures d’accompagnement de la baisse des prix, dont notamment l’augmentation de la marge de profit des officines de 30 à 34%.  

 

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