Fin de parcours
Une embuscade tendue par la gendarmerie royale de Bab Doukkala à Tassoultante a permis d’intercepter un 4×4 transportant du protoxyde d’azote et de faux documents. Les investigations ont mené à l’arrestation de trois jeunes hommes complices, dont un étranger. L’enquête se poursuit pour identifier le reste du réseau.
Il est près de minuit, samedi 19 septembre, dans la commune rurale de Tassoultante située à une dizaine de kilomètres du centre de la ville de Marrakech, quand une voiture, 4×4, roule tranquillement sur une route que les gendarmes surveillent depuis plusieurs jours. Des informations faisant état de mouvements suspects étaient remontées jusqu’aux éléments de la gendarmerie royale de Bab Doukkala : quelque chose se trame dans ce secteur. Reste à savoir quoi.
L’embuscade est tendue avec soin. Les gendarmes attendent, patients, jusqu’à ce que le 4×4 s’engage exactement là où ils l’espéraient. Le signal est donné, la voiture est stoppée. À son bord, deux jeunes hommes, visiblement surpris par la rapidité de l’intervention. La fouille commence aussitôt, méthodique. Ce que les enquêteurs découvrent dépasse leurs premières hypothèses. Dans l’habitacle, une quantité de protoxyde d’azote, ce gaz que l’on connaît sous le nom plus familier de gaz hilarant, détourné de son usage médical pour devenir une drogue récréative prisée dans certains cercles festifs. Mais une autre chose attire l’attention des gendarmes. Il s’agit d’une liasse de passeports, de cartes d’identité et plusieurs cartes grises de véhicules. Un simple coup d’œil suffit aux enquêteurs expérimentés pour réaliser qu’ils sont faux. Les deux jeunes hommes ne s’adonnaient pas seulement au trafic de gaz hilarant, ils tenaient, apparemment, une petite fabrique de fausses identités.
Direction le siège de la gendarmerie. Là, dans le cadre d’une enquête préliminaire, les téléphones des deux suspects sont saisis et passés au crible. C’est en fouillant dans les échanges, les contacts, les messages, que les enquêteurs trouvent une piste inattendue, celle d’un troisième jeune homme, un ressortissant étranger au Maroc, qui semble jouer un rôle clé dans ce réseau. Son nom circule, ses habitudes aussi. Il se déplaçait souvent du côté de Guéliz, quartier animé de la ville ocre.
Nouvelle embuscade, nouvelle stratégie. Cette fois, il faut attirer l’homme sur un terrain choisi. L’opération de leurre se met en place avec la même discrétion que la première. Et elle se solde par l’arrestation du suspect alors qu’il est au volant d’une voiture appartenant à une société de location.
La fouille de l’homme et de la voiture confirme les soupçons. Sur lui et dans le véhicule, il y a des sommes d’argent en devises, d’autres passeports, plusieurs téléphones portables. Le profil d’un rouage important du réseau se dessine peu à peu.
Trois jeunes hommes, trois arrestations. Sur instructions du procureur du Roi, les investigations se poursuivent, méthodiques : il ne s’agit plus seulement d’identifier ce que ces jeunes hommes détenaient, mais de comprendre à qui profitaient ces documents falsifiés, qui commandait de faux passeports, qui achetait de fausses cartes grises, et surtout, quels autres complices restent encore dans l’ombre.










