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Le digital au cœur des nouveaux enjeux du commerce transfrontalier

Le digital au cœur des nouveaux enjeux  du commerce transfrontalier

Levée de rideau sur la conférence internationale des guichets uniques

C’est parti pour la 8ème édition de la Conférence internationale des guichets uniques qui se déroule jusqu’au 28 septembre 2022 sous la thématique centrale «Les guichets uniques du futur au cœur de la transformation digitale et de la fluidification du commerce transfrontalier». Un sujet qui d’autant plus revêt une importance majeure vu le contexte post-Covid marqué par les perturbations des chaînes logistiques mondiales et une profonde transformation du commerce international.

Explorer de nouveaux gisements de croissance pour le commerce intra-africain

Lors de la séance d’ouverture de cette rencontre, Nizar Baraka, ministre de l’équipement et de l’eau, affirme d’emblée que «la digitalisation est un outil puissant de résilience et un levier indéniable de compétitivité économique. En effet, les pays qui ont le mieux résisté à cette crise sont ceux qui étaient en avance dans ce domaine». Il faut dire que le Maroc a réalisé des progrès significatifs en matière de transformation digitale. Doté de plus de 120 solutions communautaires 100% digitales apportant une réelle valeur ajoutée à plus de 59.000 utilisateurs d’horizons différents, le Guichet Unique PortNet s’inscrit dans cet élan. «Avec une couverture intégrée de bout en bout de la chaîne logistique du commerce extérieur, PortNet offre aux différents acteurs concernés les outils nécessaires pour l’anticipation, la proactivité, la maîtrise des coûts et bien sûr la traçabilité. Sur le plan opérationnel, la mise en place du guichet unique s’est traduite par des gains substantiels en termes de qualité de service, notamment au niveau des ports qui font transiter 98% de nos échanges. Ainsi le délai de séjour des conteneurs par exemple a été ramené à moins de 7 jours». Le ministre a également expliqué que plusieurs pays africains se sont inscrits dans la même dynamique de progrès avec des écosystèmes à rayonnement mondial mais, selon lui, «l’enjeu aujourd’hui est de capitaliser sur les expériences réussies au niveau de notre continent et d’accélérer la coordination continentale dans ce domaine pour explorer de nouveaux gisements de croissance à travers la fluidification des échanges intra-africains».
Dans ce schéma, la digitalisation permettrait d’accélérer les projets de la Zlecaf qui ouvre de nouvelles perspectives pour doper le commerce intra-africain.
Citant une étude réalisée par la Cnuced en 2021 sur les transports maritimes, il souligne que la Zone de libre-échange continentale africaine pourrait améliorer le commerce intra-africain jusqu’à 33% et réduire le déficit commercial de 51%.

Comment mieux se positionner face aux nouveaux paradigmes ?

Pour sa part Ryad Mezzour, ministre de l’industrie et du commerce, a planté le décor en décrivant les nouveaux paradigmes actuels du commerce mondial parlant notamment de «protectionnisme déguisé». «On est passé de la globalisation et la fluidification des échanges à une sorte de restriction de chaînes de valeur géographiques», faisant allusion au «nearshoring» et au «friendshoring». Pour lui, la question est de savoir la manière de gérer la nouvelle donne du commerce international dans un contexte où le Maroc se positionne en tant que hub et en tant que pays qui a construit son économie pour être un trait d’union entre le Nord et le Sud et être un acteur majeur de co-développement Sud-Sud. Ryad Mezzour a mis en avant la nouvelle ère de la digitalisation, la maîtrise des données et des flux (dans la gestion transfrontalière) ainsi que l’intelligence artificielle. Ces éléments permettront de comprendre et analyser les nouvelles tendances pour mieux se positionner.

Une prise de conscience salutaire

De son côté Ghita Mezzour, ministre déléguée chargée de la transition numérique et de la réforme administrative, a rappelé que «la digitalisation prend une place importante dans le nouveau modèle de développement» s’imposant ainsi comme une composante incontournable et prometteuse pour tous les secteurs d’activités. «PortNet fait partie des plus belles réalisations dans le domaine de la transition numérique au Maroc et sur le continent africain», indique la ministre notant par ailleurs l’engagement du gouvernement pour accompagner le virage numérique et coopérer avec les pays africains dans ce domaine.

PortNet gagne en maturité

Pour sa part Nadia Laraki, directrice générale de l’ANP, a mis l’accent sur l’intérêt des systèmes communautaires à travers ce qu’ils peuvent apporter comme catalyseur surtout dans les contextes particuliers comme celui qu’a traversé le monde durant les deux années passées. PortNet a franchi plusieurs caps. Ce que la DG de l’ANP n’a pas manqué de faire remarquer : «Le guichet unique PortNet n’est plus ce qu’il était il y a 6 ans. Il a depuis considérablement évolué pour devenir quasi incontournable. PortNet a également gagné en maturité et a grandi au sein des autres guichets uniques des ports community system. Membre de l’alliance africaine du commerce électronique, PortNet a évolué en s’ouvrant sur les écosystèmes nationaux africains et internationaux». Par ailleurs, la crise pandémique a joué un rôle d’accélérateur pour la digitalisation des process du commerce extérieur. «Si aujourd’hui les ports marocains et africains affichent de belles performances et figurent parmi les champions mondiaux, je reste convaincue que derrière ces exploits, le digital en est un grand contributeur», argumente-t-elle. En termes d’innovation, l’ANP a adopté un nouveau modèle d’open innovation dont l’objectif serait de s’étendre à d’autres partenaires de pays africains. A noter qu’à l’issue de cette rencontre, un livre blanc comportant des recommandations sera adopté. Sur sa base se déclineront les actions à suivre durant les prochaines années pour le secteur.

 

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