Les cinq prochaines années ne seront probablement pas les plus faciles. Non pas parce que le Maroc partirait d’une situation fragile, mais, paradoxalement, pour la raison inverse : plus un pays avance, plus les défis auxquels il doit répondre deviennent complexes.
Au stade où l’on est aujourd’hui, il ne s’agira plus seulement de construire des routes, des ports, des hôpitaux, des écoles ou des zones industrielles. Il faut désormais faire fonctionner ensemble tout ce qui a été construit et préparer ce qui arrive.
L’industrie marocaine est nettement montée en gamme ces dernières années. Il faudra alors davantage d’ingénieurs, d’énergie, de capacités logistiques et de compétences.
Pour l’arrivée de l’ère de la data et de l’intelligence artificielle, il faudra de l’électricité, des réseaux, du stockage et surtout préparer les métiers que ces technologies vont transformer.
Avec l’État social qui s’est nettement élargi, il faudra en pérenniser le financement tout en continuant à investir dans la consolidation.
On peut en dire autant pour la réforme de l’école, la santé, l’eau…
C’est tout cela, au fond, qui change la nature du prochain mandat et qui fait que, dans de nombreux domaines, deux mouvements devront nécessairement être menés en même temps : continuer à rattraper ce qui doit encore l’être et préparer le pays aux grandes ruptures qui arrivent.
Au-delà des moyens que cela exige, il faudra aussi de l’anticipation, de la coordination et une capacité à voir plusieurs coups à l’avance. Et surtout une équipe et une machine déjà rodées à l’exercice, qui ont démontré leur capacité à le faire. Car, au cas où certains ne l’ont pas encore compris, l’heure n’est déjà plus aux théories, aux hypothèses, à l’expérimentation mais à l’implémentation. Et vite…










