Activités illicites

Depuis toujours, le Parlement marocain a été partagé entre trois tendances. Il y a les parlementaires élus grâce à leur notabilité et qui, n’ayant aucune vocation politique, se contentent du côté prestige de leur mandat législatif et adhèrent systématiquement aux recommandations de vote des partis de la majorité pour éviter d’avoir à réfléchir ou à exprimer une quelconque opinion. Le deuxième groupe est constitué de députés nomades. Ce sont des parlementaires notables qui ont évolué après avoir goûté aux « plaisirs » de la politique et qui ont voulu en faire une carrière parallèle. Toutefois, la carence en background idéologique dont ils souffrent fait qu’ils soient toujours à la recherche d’une tutelle politique. Ils se transforment en nomades qui se déplacent d’un parti à l’autre. Ils vont là où ils sont pris en charge et orientés.
Le troisième groupe, lui, est constitué de parlementaires ayant un engagement politique fort et qui entretiennent des liens solides avec leurs formations respectives. Cette catégorie de députés est celle qui anime la vie politique sous la coupole et qui permet au pays d’avoir un semblant de vie parlementaire. On les retrouve notamment dans les partis traditionnels comme ceux qui composent la Koutla démocratique ou dans le parti islamiste.
Jusqu’à maintenant, ce partage des rôles arrangeait tout le monde. Surtout, ceux qui font partie de la troisième catégorie car cela leur a toujours permis de monopoliser le discours politique. D’où leur opposition farouche au PAM. Car ce dernier a créé une formation politique qui regroupe les trois catégories de députés en accordant à chacun la possibilité de jouer un rôle politique réel, dans la stabilité du cadre partisan et l’assurance de l’encadrement sérieux. Et c’est ce changement qui dérange certaines formations. La réaction du PJD, lors de la réunion de la Commission des Finances, en est une preuve flagrante. Le chef du groupe parlementaire du parti islamiste prend la parole que lui accorde le règlement intérieur pour débattre de la loi de Finances et en fait un autre usage. Il développe tout un discours sur les supposées fraudes électorales du PAM. Pire : il va jusqu’à accuser ce parti d’avoir réuni des personnes s’adonnant à des activités illicites. Tout cela, évidemment, sans aucune preuve. Me Mustapha Ramid, qui connaît bien les lois, sait que quiconque qui se trouve en possession d’informations ou de preuves sur des activités illégales a l’obligation de les mettre, immédiatement, à la disposition du ministère public et non pas de la Commission des Finances. La responsabilité politique commence par le respect des lois.

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