Aznar était au courant

Aznar était au courant

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le Parti Populaire (PP) se livrent à une bataille sans merci et sans trêve depuis les élections du 14 mars dernier qui avaient donné la victoire aux socialistes. La guerre à laquelle se livrent les deux partis tourne autour de la détermination des responsabilités sur les attentats du 11 mars à Madrid.
Dans cette bataille, tous les moyens sont utilisés : médias, services de renseignements, commission parlementaire d’enquête…etc. Et si le PP a été le premier à recourir à la presse pour s’attaquer au Parti socialiste, ce dernier a su réagir à temps et a pu donc se rattraper. Ainsi, après le tapage médiatique provoqué par les divagations du quotidien espagnol El Mundo qui a publié une série d’articles visant à influencer l’opinion publique espagnole en l’orientant vers de fausses pistes sur les commanditaires des attentats de Madrid, c’est le journal El Pais qui passe à l’action pour contrecarrer le flux de mensonges diffusés par la droite espagnole.
Dans son édition du lundi 18 octobre, ce quotidien, qui célébrait son numéro 10.000 a publié un article contenant des révélations qui mettent en cause l’ex-ministre espagnol de l’Intérieur, le Populaire Angel Acebes, dont le département n’aurait pas donné suite à des alertes qui lui auraient été adressées par le CNI, Centre national d’intelligence (services secrets espagnols) sur l’existence sur le territoire espagnol d’un terroriste algérien et ce quelques mois avant les attentats du 11 mars. Selon El Pais, le ministère de l’Intérieur, alors dirigé par Acebes, avait ignoré d’insistantes requêtes des services secrets pour localiser le terroriste algérien, Allekema Lamari, considéré, selon les dernières conclusions de l’enquête, comme le chef du commando qui a commis les attentats du 11 mars dernier.
Le quotidien espagnol, citant une source informée du CNI, affirme que ce centre avait alerté le ministère de l’Intérieur sur le passage à la clandestinité de Lamari, sorti de prison en juin 2002 après avoir purgé une peine comme membre du GIA algérien (Groupe islamique armé). « Le 6 novembre, presque quatre mois avant le 11 mars, les services secrets avaient transmis au ministère de l’Intérieur une note dans laquelle, ils avertissaient que Lamari, ex-dirigeant du GIA, préparait un attentat en Espagne et demandait de l’aide pour le localiser », affirme El Pais. Mais, la demande du CNI n’avait pas été retenue.
Le 6 mars, cinq jours avant les attentats, le CNI réitéra sa demande, mais le ministère de l’Intérieur ne lui donna aucune suite. Le 16 mars, le CNI insiste, lors d’une réunion regroupant les services de sécurité, sur le rôle joué par Lamari au sein du commando qui a commis les attentats et demande que sa photographie soit incluse « de façon prioritaire et toute urgence » parmi celles des suspects les plus recherchés. Une fois de plus, sa demande a été refusée. Ce n’est que vendredi dernier, que le ministère espagnol de l’Intérieur a confirmé l’identification de Lamari comme étant le septième des islamistes qui s’étaient suicidés le 3 avril à Leganes (banlieue sud de Madrid) après les attentats du 11 mars à Madrid. « Savoir que nous étions sur la piste correcte n’est pas une consolation. Bien au contraire. Ce qui est vrai est que nous n’avons pas pu l’éviter », conclut une source du CNI citée par le quotidien espagnol.

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