Bouteflika joue la transparence

Dans des lettres rendues publiques mercredi et adressés à l’Onu, à l’Union européenne (UE), au Parlement européen (PE), à l’Union africaine (UA) et à la Ligue arabe, M. Bouteflika a sollicité la désignation de « groupes d’observateurs internationaux » par ces organismes, afin d’assurer « l’honnêteté » du scrutin.
M. Bouteflika avait fait part, mardi soir, de son intention de faire appel à des observateurs étrangers, lors d’un dîner en l’honneur du président chinois, Hu Jintao, en visite d’Etat en Algérie. « Il me semble qu’un contrôle des opérations électorales par un groupe d’observateurs internationaux à la probité et à la neutralité confirmées, constituerait un moyen très efficace de rassurer et d’encourager les électeurs, puis de crédibiliser les résultats du scrutin », observe notamment M. Bouteflika dans son courrier au secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan.
M. Bouteflika n’a pas encore indiqué s’il briguait ou non un second quinquennat, alors que plus d’une quarantaine de personnalités ont retiré leur dossier de candidature au ministère de l’Intérieur. « Les scrutins précédents n’ont pas toujours été irréprochables et ils ont malheureusement conduit à une désaffection des électeurs et à leur scepticisme en ce qui concerne toute élection future », a-t-il reconnu dans sa missive au président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré. Dans sa lettre au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, M. Bouteflika a estimé qu’il était « important pour l’Algérie, et sans doute pour l’ensemble des pays arabes, que les élections soient réhabilitées en tant qu’exercice fondamental de la démocratie ». Lors d’une récente réunion, des personnalités appelées « le groupe des onze », rassemblées dans « un front contre la fraude », ont affirmé que « leur légitime préoccupation pour une élection régulière et transparente est restée sans écho ».
Parmi ces personnalités, candidats déclarés ou potentiels à cette élection, figure notamment Ali Benflis, ancien chef de gouvernement de M. Bouteflika, secrétaire général du Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique) qui a annoncé sa candidature. Réagissant dès la publication de ces lettres, M. Benflis, en guerre ouverte contre M. Bouteflika, a exprimé sa méfiance dans un communiqué transmis à l’AFP.
« Le recours à des observateurs internationaux ne saurait constituer, à lui seul, un gage du bon déroulement du scrutin présidentiel », a-t-il affirmé. Pour M. Benflis, « ce ne sont pas quelques dizaines d’observateurs qui pourront s’assurer de la régularité et de la transparennce » de ce scrutin, a-t-il ajouté.
« Des expériences de par le monde et des plus récentes montrent que la présence d’observateurs internationaux ne peut constituer un barrage à la fraude et a été utilisée, quelques fois, comme un alibi afin de couvrir des actions frauduleuses », fait-il observer.

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