«Candidat à électeur»

«Candidat à électeur»

La campagne électorale pour les communales a démarré. Depuis samedi dernier, les leaders politiques défilent sur les écrans des deux chaînes de la télévision publique pour s’adresser aux citoyens. Les interventions dont l’ordre et la durée ont été réglés par la HACA se multiplient et se ressemblent. Même décor, mêmes costumes et, malheureusement, même discours.
Le passage sur le petit écran qui est censé être une occasion pour le dirigeant politique de convaincre le citoyen de l’intérêt et de l’utilité de voter pour lui devient, dans la majorité des cas, une sorte de spectacle décevant qui se réduit à une répétition de mots clés que l’on retrouve chez tout le monde et qui ne suscitent aucun intérêt chez le téléspectateur. Or, tous ceux qui défilent sur les deux chaînes publiques ont d’abord pour mission, collective, de convaincre ceux qui ont l’amabilité de ne pas zapper – ou ceux qui n’ont pas les moyens de zapper – d’une chose très importante : aller voter. Le citoyen qui regarde la télé est un «candidat à électeur» qu’il faut convaincre, primo d’aller voter, et secundo de voter pour un parti politique précis.
Malheureusement, généralement, ni la mise en scène, ni le discours ne sont assez travaillés pour pouvoir attirer des électeurs. La mise en scène est classique. Un intervenant qui lit, l’air sérieux, un discours devant une caméra et, en arrière-plan, on voit le symbole de sa formation politique. pour le discours, ce sont les mêmes expressions qui se répètent : moralisation de la vie publique, lutte contre la pauvreté, réalisation de la justice sociale, proximité, développement local, etc. Les mêmes expressions que l’on entend d’ailleurs lors des législatives. Le discours politique électoral des élections locales ressemble ainsi à celui des élections nationales. Et pourtant, on demande aux électeurs de voter pour des programmes. Lesquels ?
Ce que les électeurs auraient voulu entendre lors de cette campagne ce sont des prises de position sur les gestions déléguées, la taxe communale, l’occupation des espaces publics, l’exercice des activités nuisibles à la salubrité publique, le service public communal, etc. Un programme politique communal ne peut être basé que sur des affaires concernant la gestion communale. On ne peut pas promettre vaguement «la proximité» et présenter un programme très éloigné des affaires communales. Ce n’est pas avec cette démarche que les partis politiques pourront convaincre les «candidats à électeurs».

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