Fin de partie pour Ezzat Ibrahim

« Nous avions des renseignements selon lesquels il allait venir se soigner dans une clinique d’Ad-Daour; nous avons encerclé le secteur et l’avons capturé à sa sortie de l’établissement », a raconté fièrement à l’AFP le colonel Abdallah Joubouri, chef de la Garde nationale à Tikrit, l’ancien fief du président déchu. « Au moment où nous mettions la main dessus, des centaines de ses partisans sont venus le défendre et il y a eu des combats. Les militaires américains sur le terrain et des hélicoptères nous ont prêté main forte.
Ezzat Ibrahim est aujourd’hui gardé par nous et la Force multinationale », a-t-il ajouté. Quelque 70 personnes ont été tuées ou blessées dans des affrontements, a indiqué dimanche à l’AFP le ministère de l’Intérieur. « Il a été arrêté par les Gardes nationaux près de Tikrit. Il était dans une clinique pour recevoir une transfusion sanguine, car il souffre de leucémie. Il avait de nombreux partisans à ses côtés qui ont essayé de le défendre », a déclaré le colonel Adnane Abdelrahmane, un porte-parole du ministère. « Des informations préliminaires font état d’environ 70 personnes tuées ou blessées dans des affrontements », a-t-il ajouté sans donner plus de précisions. Au Koweït où il se trouvait en visite officielle, le secrétaire d’Etat irakien sans portefeuille, Kassem Daoud, a affirmé dimanche que « quelque 150 à 200 terroristes ont été arrêtés en même temps qu’al-Douri, qu’il supervisait et dont il finançait les opérations ». M. Daoud a par ailleurs indiqué que le procès de Saddam Hussein et d’Ezzat Ibrahim commencerait avant les élections prévues fin janvier 2005 en Irak. « Le procès de Saddam Hussein et de sa bande, dont Ezzat Ibrahim al-Douri, s’ouvrira avant les élections en Irak, prévues fin janvier », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse. « Roi de trèfle » dans le jeu de cartes distribué par la coalition, numéro six sur la liste des 55 personnes les plus recherchées par l’armée américaine, Ezzat Ibrahim était le plus haut dignitaire de l’ancien régime encore en fuite. Le 13 décembre 2003, Saddam Hussein avait été capturé dans un réduit creusé sous une ferme de la région d’Ad-Daour.
L’armée américaine, qui soupçonnait Ibrahim de coordonner et financer les attaques contre la Force multinationale en Irak, avait offert fin 2003 une somme de 10 millions de dollars pour sa capture. Connu pour son implication dans la répression des opposants sous le règne de Saddam Hussein, Ezzat Ibrahim al-Douri, de son nom complet, était vice-président du Conseil de commandement de la révolution, la plus haute instance dirigeante de l’Irak baassiste.
Avec Saddam Hussein et Taha Yassine Ramadan, l’ancien vice-président aujourd’hui lui aussi détenu par les Américains, il est le seul survivant des comploteurs qui avaient organisé le coup d’Etat de 1968 amenant le parti Baas au pouvoir. Agé de 62 ans, grand, sec, la moustache rousse, cet homme était totalement dévoué à Saddam Hussein dont il n’hésitait pas à mener les basses oeuvres en dépit de sa maladie. Nommé général de corps d’armée par Saddam Hussein, alors qu’il n’avait jamais fait partie de l’institution militaire, ni jamais fait d’études, il représentait la droite sunnite fondamentaliste au sein de la direction du Baas.

• Dhiya Hamid (AFP)

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