Israël tire sur la corde

Malgré les pressions américaines, Israël ne permettra à Yasser Arafat de se rendre au sommet de la Ligue Arabe au Liban qu’à condition que le président de l’autorité palestinienne « combatte le terrorisme », a fait savoir lundi Raanan Gissin, conseiller du Premier ministre israélien Ariel Sharon.
Il a ajouté que le gouvernement prendrait sa décision d’ici mardi, soit à la veille de l’ouverture du sommet à Beyrouth. Ariel Sharon envisage de tenir une réunion de son cabinet restreint lundi soir pour décider de lever ou non l’interdiction de déplacement de Yasser Arafat.
Toutefois, après l’échec des négociations de cessez-le-feu dimanche soir, le voyage à Beyrouth du dirigeant palestinien apparaît de plus en plus incertain, selon son ministre du Plan, Nabil Chaath. Lors du sommet qui s’ouvre mercredi, les dirigeants de la Ligue Arabe doivent débattre du plan de paix saoudien qui propose la fin du conflit israélo-arabe en échange du retrait des forces de l’Etat hébreu de tous les territoires qu’elles occupent depuis la guerre de juin 1967. Washington souhaite que Yasser Arafat participe à ce sommet. Un responsable américain a affirmé lundi sous couvert de l’anonymat que l’administration Bush avait demandé au gouvernement Sharon de rendre sa liberté de mouvement au chef de l’autorité palestinienne, confiné à Ramallah (Cisjordanie) depuis quatre mois. Mais Ariel Sharon exige une trève au préalable. Son conseiller Ranaan Gissin a indiqué lundi que Yasser Arafat devrait mener dans les prochains jours une opération de répression parmi les militants islamistes s’il souhaite participer au sommet de Beyrouth.
«Le cabinet a décidé qu’Arafat sera autorisé à se rendre où il veut, dès lors qu’il prendra des mesures pour combattre le terrorisme», a-t-il déclaré. «On ne peut pas y renoncer.»
Selon des responsables palestiniens, qui ont requis l’anonymat, Yasser Arafat demande que les Etats Unis lui garantissent qu’il pourra rentrer en territoire palestinien après le sommet.
Certains ministres israéliens ont en effet exprimé le souhait que Sharon n’autorise pas le retour d’Arafat. Le ministre de la Défense Benyamin Ben-Eliezer et celui des Affaires étrangères Shimon Pérès, tous deux membres du parti travailliste, sont favorables à la levée de l’interdiction pesant sur le dirigeant palestinien, tandis que les ministres du likoud sont opposés à cette levée. à Beyrouth, Nabil Chaath a prévenu qu’il reviendra aux délégués saoudiens de décider s’ils présenteront le plan de paix du Prince Abdallah, même en l’absence de Yasser Arafat.
Dimanche soir, la réunion des responsables israéliens et palestiniens de la sécurité, organisée dans un lieu tenu secret, a pris fin sans qu’un accord de cessez-le-feu n’ait pu être conclu, a annoncé la partie palestinienne. Une nouvelle rencontre était cependant prévue pour hier lundi.
Selon les deux parties, M. Zinni a soumis aux deux camps des propositions visant à gommer les divergences. Israéliens et Palestiniens devaient lui donner leurs réponses hier lundi.
Un responsable du ministère israélien de la Défense a d’autre part démenti l’information publiée par le journal américain «Washington Post», selon laquelle Tsahal préparerait une vaste offensive dans les villes et les camps de réfugiés palestiniens en cas d’échec des négociations de cessez-le-feu. «On ne prépare rien de tel», a assuré Yarden Vatikai.

• Mark Lavie (AP)

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