Kojo et Kofi Annan dans la tourmente

«Kojo Annan n’a jamais été impliqué dans des contrats avec l’Irak », a indiqué mercredi la société suisse qui a employé le fils du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, démentant qu’il ait été éclaboussé par le scandale « pétrole contre nourriture ».
Les Nations unies avaient confirmé, vendredi dernier, que Kojo Annan avait été rémunéré jusqu’en février 2004 par la société suisse d’inspectorat Cotecna, pour laquelle il avait pourtant cessé de travailler fin 1998.
Cette société, dont le siège se trouve à Genève, a obtenu plusieurs contrats concernant l’Irak depuis 1992, dont des contrats avec l’Onu entre 1999 et 2003 pour inspecter les importations de marchandises aux termes du programme « pétrole contre nourriture ». Mais Kojo Annan, employé en tant que stagiaire puis consultant par la Cotecna entre 1996 et 1998, « ne s’est occupé ni de ce contrat ni de sa mise en oeuvre », a assuré à l’AFP le porte-parole de la société, Seth Goldschlager.
Kojo Annan était employé en Afrique de l’ouest « afin de développer nos affaires au Ghana et au Nigeria », pays dont il possède la double nationalité, a précisé le porte-parole.
Il a quitté la compagnie après l’expiration de son contrat fin 1998, signant avec elle un « accord de non-concurrence » par lequel il s’est engagé à ne pas travailler pour des clients de la Cotecna, a ajouté M. Goldschlager. C’est au titre de cet accord qu’il a continué à être rémunéré par son ancien employeur jusqu’au début de cette année. « Une telle compensation est exigée par la loi suisse », a-t-il expliqué.
Selon le quotidien américain New York Sun, la compensation s’élevait à environ 2.500 dollars par mois. Le quotidien économique suisse L’Agefi estime pour sa part que Kojo Annan a ainsi perçu 125.000 dollars en l’espace de cinq ans. Le journal ajoute qu’il a été « gentiment remercié » après avoir triché avec ses notes de frais. Kofi Annan, s’est déclaré « très déçu et surpris » que son fils ait été rétribué pendant jusqu’en 2004 par son ancien employeur alors que ces versements étaient censés selon l’Onu avoir cessé fin 1999.
Le programme « pétrole contre nourriture » est aujourd’hui au centre d’un énorme scandale de corruption et fait l’objet de nombreuses enquêtes, dont une menée par une commission indépendante nommée par M. Annan et dirigée par Paul Volcker, un ancien président de la banque centrale américaine. A propos du travail effectué par la société en Irak, M. Goldschlager s’est dit « sûr à 100% que toutes les questions concernant Cotecna seront levées » à l’issue de ces enquêtes, auxquelles elle a collaboré en fournissant « les informations exactes et complètes en sa possession ».
Le travail des inspecteurs de la Cotecna se limite à travailler aux postes de douane sur les documents fournis par les transporteurs et rarement à vérifier le contenu des chargements, a assuré le porte-parole. « La Cotecna n’avait aucun rôle dans la gestion financière du programme et aucune relation avec les fonds versés aux termes de ce dispositif », a-t-il ajouté, regrettant « une tempête dans un verre d’eau dommageable pour la compagnie ».
Mercredi, le sénateur américain Norm Coleman, président d’une sous-commission parlementaire enquêtant sur le scandale « pétrole contre nourriture », a réclamé la démission de Kofi Annan, dans un commentaire publié dans le Wall Street Journal.

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