L’ACICI : De l’agence à l’organisation

L’Agence de coopération et d’information pour le Commerce international (ACICI), s’est transformée lundi en organisation internationale, avec l’ambition affichée de renforcer les capacités des pays défavorisés en vue d’une meilleure participation de ces pays aux négociations commerciales multilatérales menées au sein de l’Organisation Mondiale du commerce (OMC). Créée en 1998 par le Gouvernement suisse avec siège à Genève, l’ACICI avait été établie avec pour mandat d’assister les pays aux ressources limitées et les économies en transition, à « tirer profit du processus de globalisation en général, et du système commercial multilatéral en particulier », et ce, en aidant ces pays et économies « à participer de façon plus efficace aux travaux de l’OMC et d’autres organisations internationales liées au commerce ».
L’ACICI, indique-t-on, met notamment à disposition des délégations des pays les moins avancés (PMA) ses locaux, et propose ses services aux membres et aux observateurs de l’OMC ne disposant pas de représentation permanente à Genève. Un financement initial de 18 millions de francs suisses est d’ores et déjà assuré de façon conjointe par 7 pays développés, afin de permettre à l’ACICI de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses pour ses services.
Lors d’une conférence de presse, donnée lundi après-midi au Club suisse de la presse, la directrice de l’ACICI, Mme. Esperanza Duran, et d’autres responsables de cette institution, ont expliqué les raisons d’une transformation de cette institution en Organisation internationale. »Les difficultés de plus en plus nombreuses auxquelles les pays pauvres doivent faire face en participant aux négociations de l’OMC et qui se sont accrues depuis la mise en place du Programme de travail de Doha ont entraîné une hausse des demandes pour les services de l’ACICI.En fournissant une base financière élargie et en mettant en place une structure décisionnelle favorables à la participation de tous, l’Accord de l’ACICI reconnaît le rôle exceptionnel qu’elle joue et lui donne les bases nécessaires afin qu’elle puisse répondre de manière plus efficace à ces demandes », ont-ils souligné. La transformation du statut de l’ACICI en organisation internationale a reçu un appui « sans réserve » de la part des pays donateurs et son financement pour les cinq prochaines années est garanti par les annonces de contribution, dont la somme totale s’élève à 18 millions de francs suisses (près de 11 millions de dollars), en provenance du Danemark, de la Finlande, de l’Irlande, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la Suède et de la Suisse. L’ACICI devient organisation…(Deux) Le processus de transformation de l’ACICI en organisation intergouvernementale, précise-t-on, a commencé sous la forme d’une « Initiative » adoptée par les Ministres de 55 gouvernements à la dernière Conférence ministérielle de l’OMC, qui s’est tenue à Doha en novembre 2001.Le Groupe d’études, formé à la suite de l’approbation de cette initiative, a étudié les différents moyens de faciliter le développement des services de l’ACICI et a rédigé un rapport présenté à la Conférence internationale des Nations unies sur le financement du développement, qui a eu lieu à Monterrey (Mexique) en mars 2002. Suite à l’adoption de ce document, l’examen de l’Accord de l’ACICI commencé et le processus de transformation a abouti à la cérémonie de signature organisée lundi après-midi au siège de l’OMC à Genève. L’Assistance de l’ACICI, précisent ses responsables, peut prendre diverses formes, notamment la rédaction de notes de synthèses sur des thèmes liés au commerce international et la distribution de documents présentant un intérêt pour les bénéficiaires et disponibles dans les trois langues de travail de l’OMC.
L’ACICI organise également, et parfois en collaboration avec d’autres institutions, des séminaires, des cours de formation et des réunions sur des sujets de première importance pour les délégués de ces pays, comme par exemple les questions liées aux négociations dans le cadre du Programme de travail de Doha. L’Agence offre par ailleurs un cadre « neutre » susceptible de favoriser les rencontres informelles et les échanges d’opinions entre les fonctionnaires de ces pays basés à Genève.
En octobre 2000, l’ACICI a créé une unité pour les membres et les observateurs de l’OMC non-résidents, afin de fournir une assistance aux pays ne disposant pas des ressources nécessaires pour leur permettre d’établir une représentation permanente à Genève et assurer son bon fonctionnement.
Les fonctionnaires de ces pays « non-résidents », qui sont chargés de suivre les affaires de l’OMC, se trouvent en effet particulièrement désavantagés en termes d’accès à l’information et quant à leur capacité à influencer le processus de décision. Les services que l’ACICI fournit actuellement comprennent notamment le »Système d’alerte avancé », qui permet d’informer à l’avance les pays non-résidents des derniers développements à l’OMC, un appui logistique, notamment la mise à leur disposition de bureaux temporaires, et une circulation de l’information plus facile entre Genève et les fonctionnaires du commerce des pays non-résidents.

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