Le Libéria confronté à la famine

Après le départ en exil au Nigeria de l’ancien président Charles Taylor, son successeur a annoncé, à l’issue d’un entretien avec l’ambassadeur des Etats-Unis, que des chasseurs américains patrouilleraient dans le ciel du Liberia afin de contribuer à assoier la paix dans ce pays ravagé par 14 années de guerre civile. Les Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (Lurd) se sont engagés à laisser les soldats nigérians de la force de paix ouest-africaine (Ecomil) prendre durablement le contrôle du port de Monrovia. Ils y bloquaient, avant le départ de Taylor, l’aide humanitaire destinée aux centaines de milliers de civils pris au piège dans la capitale par les combats qui ont fait plus de 2.000 morts en l’espace de quelques semaines. Hommes, femmes et enfants s’agglutinent autour des containers pour éventrer de manière frénétique les sacs dans lesquels ils espéraient trouver une quelconque nourriture. Les soldats ont dû tirer en l’air pour mettre un terme au chaos, ce qui a provoqué des scènes de panique. « Ils ont faim. On ne peut pas les empêcher de prendre la nourriture qui leur était destinée mais qui ne leur a pas été distribuée. Nous nous retirons demain. Nous rassemblons peu à peu nos affaires », a déclaré un responsable.. A Washington, le président américain George W. Bush a souligné que le rôle des forces américaines au Libéria se limiterait à fournir un appui aux autres contingents étrangers. Trois navires de guerre américains avec à leur bord 2.300 Marines croisent, en outre, au large de Monrovia afin d’apporter un soutien américain aux soldats de la force de paix ouest-africaine, que devraient bientôt rejoindre des soldats sud-africains. Des hélicoptères de combat américains se déplaçaient mercredi au-dessus de la ville et deux véhicules tout terrain Humvee ont été aperçus dans les rues. Le nouveau président Blah a déclaré que des chasseurs américains basés sur les navires de guerre devaient entreprendre sous peu des patrouilles pour consolider les efforts de paix. Des responsables de l’aéroport ont par ailleurs été avisés de l’arrivée d’un contingent de Marines américains dont la taille n’est pas connue dans l’immédiat. En outre, le Pentagone a annoncé qu’environ 200 Marines pourraient se rendre à terre momentanément au Liberia, sans préciser quand ils le feraient. Blah, ancien bras droit de Taylor, doit laisser sa place en octobre à un dirigeant intérimaire dont la mission sera de permettre la tenue des premières élections au Liberia depuis la victoire de Taylor. En marge des fragiles négociations de paix qui se déroulent au Ghana, Blah a proposé la vice-présidence aux rebelles mais ceux-ci reprochent au nouveau chef de l’Etat sa complicité avec Taylor.

Clar Ni Chonghaile (Reuters)

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