Manoeuvres

Un sondage publié par le quotidien El Pais attribue au gouvernement socialiste en Espagne le taux le plus bas de la confiance populaire qu’il ait obtenu durant ses six années de pouvoir. 61% des Espagnols désapprouvent sa gestion de la crise économique. Alors qu’il venait à peine de présenter son projet de budget pour l’année 2010, les résultats du sondage ont donné un avant-goût amer de ce qui attend son gouvernement durant les deux années qui lui restent au gouvernement. Une période qui sera certainement très difficile étant donné que la sortie de la crise économique grave dans laquelle s’est engouffrée l’Espagne sera lente et pénible. La chance du leader socialiste a fait en sorte que son deuxième mandat a coïncidé avec une crise mondiale dont il n’est pas responsable mais qui a frappé son pays d’une manière plus grave que beaucoup d’autres pays européens.
Peut-être parce que le climat de croissance exemplaire que son prédécesseur avait créé était basé sur un semblant de richesse plus que sur une base solide réelle. Le gouvernement Aznar se vantait de réaliser le taux de croissance le plus élevé de la communauté européenne. Ses leaders affichaient leur fierté d’être les as de l’économie. Une économie qui s’est avérée, aujourd’hui, très fragile puisqu’elle s’est presque effondrée face au premier frissonnement qui l’a secouée.
Pourtant, ce sont ces mêmes dirigeants de la droite qui appellent à des élections anticipées en affirmant aux Espagnols qu’ils ont la clé pour sortir de la crise ce que Zapatero, selon eux, ne saura pas faire.
Une bonne manœuvre politique : aller aux élections en pleine crise économique et au moment où les nuages commencent à se dissiper et que le monde entier commence à sentir le début de la fin de la récession. La formule est simple : élections anticipées signifient retour de la droite, et fin de la crise signifie succès de la droite. Et c’est parti pour au moins deux mandats successifs. Si ce n’est pas le début de la fin du socialisme en Espagne comme ce qui s’est passé dans d’autres pays.
La clé pour ne pas donner cette chance à la droite serait de résister et d’aller jusqu’au bout du mandat. Il n’y a plus rien à perdre, mais beaucoup de chance pour se rattraper.

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