Palestine : La résistance obstinée

L’attentat suicide de mercredi soir près de Tel-Aviv, revendiqué par les brigades des martyrs d’Al-Aqsa, prouve que ce groupe armé proche du Fatah de Yasser Arafat est toujours capable de frapper, malgré les coups terribles qu’il a reçus récemment, et place de nouveau le président palestinien dans une position politique difficile. Cet attentat a fait deux morts et une trentaine de blessés, en plus de son auteur.
Le Kamikaze a actionné une charge très importante qu’il portait sur lui. Apparemment, il a voulu pénétrer dans un des cafés du centre de la ville de Rishon-Le-Zion sans y parvenir.
Le 8 mai, après la fin de l’opération israélienne « rempart » en Cisjordanie censée « détruire les infrastructures terroristes », et sous la pression Internationale, Aafat avait demandé à son peuple, en arabe, à la télévision palestinienne, d’arrêter « toute opération terroriste contre des civils israéliens ».
Les brigades des martyrs d’Al-Aqsa, créées dans la foulée de l’Intifada, en septembre 2000, ont jusqu’à présent obéi aux précédents appels à cesser le feu lancés par Arafat.
Toutefois, le groupe a revendiqué l’attentat de mercredi soir à Rishon-Le-Zion, près de Tel-Aviv, opération que la direction palestinienne de Arafat a qualifiée de « terroriste ». Les brigades ont affirmé qu’il s’agissait de représailles après l’assassinat quelques heures auparavant par l’armée israélienne, à Naplouse, grâce à un tir d’obus ciblé, de trois de ses militants, parmi lesquels figuraient un des chefs militaires de l’organisation.
Cet attentat a placé le président palestinien dans une position encore plus difficile face à la communauté internationale. Israël a aussitôt accusé le dirigeant palestinien de ne rien faire pour enrayer les attentats suicide.
« L’autorité palestinienne ne fait rien pour empêcher les attentats et se contente de molles condamnations de principe qui sont interprétées par les palestiniens comme un feu vert à la poursuite du terrorisme », a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nachshon.
Les brigades d’Al-Aqsa ont radicalisé leurs actions depuis l’assassinat, par Israël, d’un de ses chefs, Raed Al-Karmi, à Tulkarem (Cisjordanie) au mois de janvier.
Peu après la mort de Karmi, le groupe menait sa première attaque en territoire israélien et contre des civils à Hadéra (nord) tuant six personnes. Depuis, les brigades ont revendiqué une dizaine d’attentats meurtriers anti-israéliens. A la mi-février, un communiqué annonçant le démantèlement imminent de ce groupe était suivi d’un autre démentant cette information. A l’époque, Yasser Arafat avait accusé le chef des forces de sécurité palestiniennes pour la Cisjordanie, le colonel Jibril Rajoub, d’avoir répandu cette rumeur.
Israël accuse Marwan Barghouthi, le chef du Fatah pour la Cisjordanie, arrêté le 15 avril par l’armée isralienne à Ramallah, de dirigr les brigades d’Al-Aqsa. Il risque à ce titre d’être iculpé du meurtre de dizaine d’israéliens.
Barghouti qui a toujours démenti diger ce groupe avait cependnt affirmé à l’AFPen févrir que « les brigades représetent le développement militire le plus important au sen du Fatah en 25 ans ».
En prison, Barghouthi n’a toutefois cessé de réitérer que les palestiniens avaient le droit de se battre conte l’occupation israélienne, a indiqué jeudi son avocat Awad Boloss.

• Sophie Claudet (AFP)

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