Pentagone : L’art de la désinformation

Le département de la défense américain étudie des projets pour diffuser dans les médias étrangers ses propres informations, et même de la désinformation, ont affirmé des responsables du pentagone au New York Times de mardi.
« Ces projets, qui n’ont pas encore été définitivement approuvés par l’administration Bush, soulèvent l’opposition de certains responsables du pentagone qui estiment qu’ils pourraient saper la crédibilité de l’information qui est publiquement délivrée par les porte-parole du département », précise le quotidien.
Ils s’inscrivent dans le cadre d’un « nouvel effort pour influencer l’opinion publique et les responsables gouvernementaux à la fois dans les pays amis et les pays non alliés », selon le New Nork Times. Cet effort de « propagande » serait dirigé par le bureau de l’influence stratégique (Office of strategic influence, OSI), dont la création avait été annoncée après les attentats du 11 septembre, dirigé par le général Simon Worden. « Le général Worden considère sa mission comme large, allant de campagnes noires utilisant la désinformation et d’autres activités secrètes, aux relations publiques blanches reposant sur les communiqués véridiques », assure le quotidien, en citant un responsable du Pentagone, d’après qui « cela va du plus noir des programmes noirs au plus blanc que blanc ». Le quotidien indique que le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, quoique favorable à la création du bureau de l’influence stratégique, n’a pas encore approuvé ses projets particuliers et a demandé à des juristes de les examiner.
Parmi ses tactiques d’information, le pentagone enverrait à des journalistes des courriers électroniques faisant la promotion des conceptions américaines ou critiquant des gouvernements « inamicaux », sans indiquer la provenance de cet envoi: le courrier serait envoyé d’une adresse électronique apparemment commerciale, terminée par le suffixe « .com » et non militaire, qui se terminerait par « .mil ». Le New York Times assure que ces projets suscitent de fortes réserves de certains responsables, s’inquiétant du brouillage des limites entre information et désinformation, et de possibles violations de la législation américaine. La législation américaine interdit en effet à la CIA et au Pentagone de développer des activités de propagande aux États-Unis, alors que les activités de propagande pourraient conduire les médias américains à relayer de fausses informations, par exemple par la voie des agences de presse internationales Reuters et AFP, souligne le quotidien.

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