Témoin à charge contre Bush

«Compte tenu de ma connaissance de l’administration (Bush) dans les mois qui ont précédé la guerre, j’ai n’ai guère d’autre choix que de conclure que certains renseignements ayant trait au programme nucléaire militaire de l’Irak ont été déformés pour exagérer la menace irakienne », écrit dans l’édition dominicale du New York Times Joseph Wilson, ambassadeur au Gabon de 1992 à 1995. Avant que l’AIEA ne conclut qu’il s’agissait de vulgaires faux, les soi-disant « renseignements » sur l’achat d’uranium par l’Irak au Niger avaient été cités par George Bush et les autorités britanniques à l’appui de leurs accusations sur les efforts de Saddam Hussein pour se doter d’armes nucléaires et pour justifier l’invasion de l’Irak qui a débuté fin mars. Wilson dit avoir passé huit jours au Niger pour rencontrer d’anciens et d’actuels responsables gouvernementaux et des personnes liées au commerce de l’uranium, pour vérifier s’il y avait eu un quelconque accord entre l’Irak et le Niger. «Il ne m’avait pas fallu longtemps pour conclure qu’il était plus que douteux qu’une telle transaction ait jamais eu lieu», écrit-il. Wilson, qui participait à l’élaboration de la politique africaine des Etats-Unis sous l’ancien président Bill Clinton, précise que la CIA avait transmis ses conclusions aux services du vice-président Dick Cheney. Wilson fait remarquer qu’en janvier 2003, Bush «avait répété les accusations sur les efforts de l’Irak pour acheter de l’uranium à l’Afrique». «Si le président faisait allusion au Niger, ses conclusions ne s’appuyaient pas sur les faits tels que je les avais compris». Wilson estime que si l’administration Bush a bien ignoré ses conclusions «parce qu’elles ne collaient pas avec certaines conceptions préétablies sur l’Irak», il est possible de dire avec raison que «nous sommes entrés en guerre sous de faux prétextes». Selon la presse, les accusations relatives à un accord irako-nigérien se fondaient sur des lettres fabriquées de toutes pièces, obtenues par les renseignements italiens auprès d’un diplomate africain. Les services italiens auraient ensuite transmis ces « informations » à leurs collègues britanniques et américains de la communauté du renseignement.

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