Une affaire d’État-Nation

Qu’est-ce qu’une Nation ? Cette question nous avait été posée un jour par un prof de sciences politiques lors d’un examen oral. La plupart des étudiants avaient répondu avec précipitation en disant qu’il fallait réunir trois conditions à savoir un peuple, un territoire et un gouvernement. La confusion était claire entre les éléments constituants de l’État et une autre notion, totalement différente, qui est la Nation. Or, tout Etat n’est pas forcément une Nation et toute Nation n’est pas forcément constituée en Etat. Le concept de Nation est très compliqué. Plusieurs théories juridico-philosophiques existent sur sa définition exacte. Mais l’on y retrouve, deux notions élémentaires : l’histoire et l’avenir. Ce qui caractérise une nation c’est le partage entre les différentes composantes de la population d’une histoire commune et la projection dans un avenir commun. Pérenniser les liens de l’union de la Nation, passe donc essentiellement par la préservation de l’acquis commun et l’entretien du rêve collectif. Aussi, quand on a la chance, comme au Maroc, d’avoir un État-Nation, il faut combattre tout ce qui est de nature à corrompre ce grand avantage que nous avons par rapport à d’autres pays de la région qui se cherchent encore une identité. Des pays qui ont du mal à créer un rêve collectif faute d’une histoire commune. C’est pour cela qu’il est de la responsabilité de tous de préserver cet avantage. Car il fait notre force et nous permet d’avancer vers le progrès à pas sûrs malgré tous les obstacles mis sur notre chemin par les adversaires et les concurrents. D’où l’intérêt de sonner l’alarme quant aux multiples débats hasardeux qui sont mis sur la place publique d’une manière anarchique, voire même irresponsable dans certains cas. L’amazighité comme composante de l’identité marocaine, l’histoire millénaire du Royaume comme socle de l’État marocain, les Marocains de confession juive comme partie intégrante du peuple marocain, etc. sont des sujets soulevés, dernièrement, d’une manière dont la méthodologie laisse entrevoir une volonté de déstabilisation. Certes, un État-Nation aussi fort que le Maroc ne devrait pas avoir peur de tels débats, mais, il faut juste qu’ils aient lieu dans un cadre politico-intellectuel sérieux et non pas d’une manière hasardeuse pour ne pas tomber dans les excès qui, aussi minoritaires soient-ils, peuvent s’avérer très dangereux.

PS : Le portail officiel du Royaume (maroc.ma) présente plusieurs fautes sur l’Histoire du pays. C’est honteux de voir que ce site affirme que feu SM Hassan II était Prince héritier entre le 4 mars 1961 et le 5 janvier 1963 (voir image en page 21)

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